Séminaire du CRILCQ « Penser/créer par les lettres : la correspondance d’écrivains et d’écrivaines au Québec » – Stéphanie Bernier

Séminaire du CRILCQ « Penser/créer par les lettres : la correspondance d'écrivains et d'écrivaines au Québec » - Stéphanie Bernier

Ce séminaire du CRILCQ de l’hiver 2022, intitulé « Penser/créer par les lettres : la correspondance d’écrivains et d’écrivaines au Québec », est sous la responsabilité de Stéphanie Bernier (CRILCQ, Université de Montréal). Les conférences ont eu lieu en ligne sur la plateforme Zoom et étaient ouvertes au public.

Conférence « Louis Dantin par lui-même : L'essentialité de sa correspondance » par Pierre Hébert

Date de création

2022-02-10

Description

Louis Dantin (Eugène Seers, 1865-1945) est un acteur majeur des lettres du Québec entre 1920 et 1940. Il nous a laissé un Émile Nelligan et son œuvre (1904) qui fait date, de même quelque 400 textes publiés : critique, contes, poésie. Mais, si nous le connaissons bien aujourd’hui, s’il a influencé nombre d’écrivaines et d’écrivains, c’est essentiellement grâce à sa correspondance de plus de 2000 lettres.

Dans cette présentation, je vais traiter brièvement l’importance de cette correspondance comme source de son mentorat. Mais surtout, je vais mettre l’accent sur la portée de ces lettres pour écrire sa biographie. Après avoir rappelé l’historique de la constitution de ce fonds, je vais montrer comment sans ces lettres cette biographie aurait été à toutes fins utiles impossible : sa pensée sur la critique, sur la liberté littéraire, ses prises de position politiques, en particulier sur le socialisme, y apparaissent pleinement. Et, m’écartant en cela de quelques idées reçues, je mettrai en évidence l’importance des correspondances de Gabriel Nadeau (le légataire des archives de Dantin) qui auraient pu être négligées et qui, pourtant, sont indispensables : avec la femme de ménage de Dantin, Florence Crawford, et son « amante », Rose Carfagno.

De là devrait apparaître, je l’espère, l’essentialité de cette correspondance, un « Louis Dantin par lui-même » à travers ses lettres.

Pierre Hébert est professeur émérite à l’Université de Sherbrooke. Il a publié, seul et en collaboration, des ouvrages sur Lionel Groulx, Jacques Poulin, La Gazette littéraire de Fleury Mesplet, entre autres; il est aussi auteur ou coauteur de cinq livres sur la censure, dont le Dictionnaire de la censure au Québec (littérature et cinéma), avec Yves Lever et Kenneth Landry. Il dirige une équipe interuniversitaire qui prépare l’édition annotée de la correspondance de Louis Dantin; le premier tome (de quatre), la correspondance entre Dantin et Alfred DesRochers, est paru en 2014; le deuxième, La correspondance entre Louis Dantin et la « jeunesse littéraire » des années 1930, est paru en 2022. Il a fait paraître en 2020, avec Bernard Andrès et la collaboration d’Alex Gagnon, un Atlas de la littérature québécoise (Fides); et, en 2021, Vie(s) d’Eugène Seers/Louis Dantin, une biochronique littéraire (Prix Alphonse-Desjardins, Presses de l’Université Laval).

Intervenants

Pierre Hébert (Université de Sherbrooke).

Conférence « "Je n'aime plus écrire" : de Saint-Denys Garneau et l'adieu à la littérature » par Michel Biron

Date de création

2022-02-17

Description

Le 30 décembre 1937, neuf mois après avoir publié son premier recueil de poèmes Regards et jeux dans l’espace, de Saint-Denys Garneau écrit à son ami Robert Élie : « Je n’aime plus écrire. C’est avec plaisir que j’abandonne le chemin des “paradis artificielsˮ (pour moi). » Ce n’est pas la première fois que Garneau fait ses adieux à la littérature. L’idée de ne plus écrire accompagne le poète depuis quelques années déjà. Le 15 janvier 1934, par exemple, il termine une longue et pénible lettre à Claude Hurtubise par cette promesse : « Je me jure, mais un peu plus tard, de ne plus tenter d’écrire sérieusement : cela m’épuise toujours ». Les lettres de Garneau reviennent ainsi à plusieurs occasions sur ce que Roland Barthes appelle « l’aile noire du Malheur », c’est-à-dire sur le renoncement au désir d’écrire. À partir du corpus épistolaire, on s’interrogera sur ce que signifie ce paradoxal « non désir », qui semble à la fois empêcher l’œuvre d’advenir et lui donner tout son sens.

Michel Biron est professeur au Département des littératures de langue française, de traduction et de création de l’Université McGill. Il a publié notamment une édition critique des lettres de Saint-Denys Garneau (Presses de l’Université de Montréal, 2020). Il a récemment reçu le prix Acfas André-Laurendeau.

Intervenants

Michel Biron (Université McGill).