Axe 1 : Histoire des pratiques et des discours littéraires et artistiques

Laboratoire intercollégial de recherche en enseignement de la littérature – LIREL

Fondé en juin 2011 par Marcel Goulet, le Laboratoire intercollégial de recherche en enseignement de la littérature – LIREL est une infrastructure soutenue par le CRILCQ. Il est composé de professeurs de cégep intéressés par la didactique de la littérature.

Aux yeux des chercheurs du LIREL, l’enseignement de la littérature, tel que le prescrivent les devis ministériels pour l’ordre collégial, conduit les étudiants à n’aborder les textes littéraires qu’à partir d’une seule et unique posture, une variante de la figure du « lecteur savant » (Baudelot, Cartier et Detrez, Et pourtant, ils lisent…, 1999). C’est un enseignement fondé sur le développement de compétences, qui repose sur la transmission de ce que Monique LaRue a nommé le « bas-savoir » des études littéraires (La gloire de Cassiodore, 2002) et ne vise, en termes d’objectifs terminaux, qu’à la maîtrise de formes de discours conventionnelles : analyse littéraire, dissertation explicative et dissertation critique. Ce faisant, il ne laisse que peu de place à l’expression de la subjectivité. Il en découle une dérive de l’apprentissage de la littérature vers le formalisme et le technicisme (Goulet, « L’enseignement de la littérature au collégial et la technicisation de la lecture littéraire », 1999 ; Langlade, « Sortir du formalisme, accueillir les lecteurs réels », 2004 ; Todorov, La littérature en péril, 2007), qui entraîne une perte du sens de l’activité et un appauvrissement de l’expérience de la littérature. L’intérêt des étudiants pour la pratique de la littérature s’en trouve diminué, et leur motivation à l’égard de l’accomplissement des tâches exigées d’eux fortement réduite.

Les chercheurs du LIREL se sont donc donné pour mission, en partenariat avec des chercheurs universitaires, littéraires et didacticiens, du Québec et de la francophonie, de repenser l’expérience de la littérature et d’en renouveler l’enseignement, notamment par la conception et l’expérimentation de dispositifs didactiques mettant en jeu d’autres figures du lecteur littéraire, par exemple celle du lecteur voyageur et « braconnier » (Certeau, « Lire : un braconnage », 1980 ; Goulet, « Les lieux de la lecture : du braconnage au bricolage », 2015). Ils souhaitent ainsi amener les étudiants de cégep à faire de la littérature une expérience plus riche et plus diverse, à en explorer les multiples composantes (imaginaire, sensibilité, intelligence, jugement, connaissance de la langue) et à expérimenter des formes de discours plus subjectives et plus créatives, avec l’espoir qu’ils y trouveront sens et plaisir. Leur démarche s’inscrit donc dans un parcours qui va de la recherche fondamentale vers la recherche appliquée.

Les réflexions et les travaux des chercheurs du LIREL s’adressent à tous les professeurs de littérature et de français des cégeps du Québec et, à travers eux, à tous les étudiants de l’ordre collégial, puisque tous ont à suivre, dans le cadre de leur formation générale, quatre cours de littérature. Aussi est-ce dans un esprit de communauté de partage qu’ils ont choisi de rendre les résultats de leurs recherches – qui, outre des textes de réflexion et des propositions didactiques, comportent des enquêtes et des médiagraphies – disponibles et accessibles à tous sur leur site web.


Chercheurs principaux

Cochercheurs

  • Carl Diotte
  • Catherine Parent-Beauregard
  • Hélène Lépinay-Thomas
  • Marie-Claude Tremblay
  • Élise Boisvert-Dufresne
  • Marilyn Lauzon