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Table ronde
Université du Québec à Montréal

Table ronde « La recherche actuelle en arts vivants au Québec »

Lundi 13 février 2017
Université de Montréal, Pavillon Lionel-Groulx, local C-8141

PROGRAMME

11 h 15 Accueil
12 h 00 Mot de bienvenue

12 H 05 Discours institutionnels et populaires au théâtre

  • Camille Gascon-Detuncq (étudiante à la maîtrise en littératures de langue française, Université de Montréal)
    « L’action structurante du Centre des auteurs dramatiques (CEAD) sur la pratique dramaturgique québécoise de 1965 à aujourd’hui » 

Ma recherche, basée sur les approches historiques, institutionnelles et dramaturgiques, porte sur la période 1965-2015 et se divise essentiellement en deux volets. En première partie, je m’intéresserai à l’histoire institutionnelle du Centre des auteurs dramatiques (CEAD). Quel « modèle d’exercice » (Dubois, 1978) a-t-il mis en place? Quelles sont les dynamiques internes et externes qui l’ont poussé à se définir et à se redéfinir? Pour répondre à ces questions, j’effectuerai un travail d’analyse des archives du CEAD selon une grille analytique à la fois chronologique et organique. Je mènerai aussi des entrevues auprès des différents agents impliqués dans son histoire, puis je mettrai en perspective les informations récoltées, en inscrivant cette recherche dans l’évolution du contexte socioculturel et théâtral du Québec. Pour y parvenir, je recourrai au modèle théorique de la distinction tel que l’ont développé Pierre Bourdieu et Jacques Dubois et aux concepts de la théorie postcoloniale utilisée dans le champ des études québécoises (Vincent Desroches, 2003).
Je propose, dans un deuxième temps, une analyse dramaturgique de quatre œuvres, sélectionnées et diffusées par le CEAD, et dont il est légitime de penser qu’elles sont représentatives de ses phases de développement. L’étude portera sur Quatre à quatre de Michel Garneau (1973), Fragments d’une lettre d’adieu lus par des géologues de Normand Chaurette (1986) Les quatre morts de Marie de Carole Fréchette (1991) et L’enclos de l’éléphant d’Étienne Lepage (2010). Le choix de ce corpus répond avant tout à un critère objectif : les textes choisis ont été – en amont et en aval de leur création – analysés, encadrés et diffusés par le CEAD. Pour l’analyse, je me baserai, en partie, sur l’approche de Jacques Dubois qui postule que « tout texte […] se réalise dans [une classe de textes], porteuse de signes institutionnels et produit d’un état historique » (Dubois, 1978). Ma recherche vise donc à présenter l’évolution générale de cet organisme et à analyser son incidence sur la dramaturgie québécoise en lien avec la conjoncture sociétale, dans une mise en parallèle des courants esthétiques et des discours ayant traversé son histoire et ceux portés par les œuvres qu’il a diffusées. 

Notice

À la suite de ses études à l’École Nationale de théâtre du Canada dans le programme de production, Camille Gascon-Detuncq a œuvré durant cinq ans dans le milieu du théâtre avant de faire un retour aux études au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal. Elle poursuit actuellement une maîtrise dans ce département, son mémoire portant sur l’action structurante du Centre des auteurs dramatiques (CEAD) sur la pratique dramaturgique québécoise de 1965 à aujourd’hui.

  • Jean-Marc Larrue (professeur d’histoire et de théorie, Département des littératures de langues française, Université de Montréal)
    « Cartographie de la scène montréalaise »

Cette présentation porte sur les premiers résultats d’une recherche collective entamée dans le cadre du séminaire « Théâtre québécois » de l’Université de Montréal dont l’objectif est de dégager une « cartographie raisonnée et dynamique » de la pratique théâtrale montréalaise telle qu’on a pu l’observer entre septembre et décembre 2016. Cette cartographie, limitée pour l’instant à une quinzaine de théâtres, devrait permettre de répondre à huit questions essentielles : Que se joue-t-il à Montréal ? Où ? Par qui ? Comment ? Pourquoi ? Devant qui ? Avec qui ? Par rapport à qui ?

Notice

Jean-Marc Larrue est professeur d’histoire et de théorie du théâtre au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal. Ses recherches portent principalement sur le théâtre du Long Siècle (1880 à aujourd’hui) et plus précisément sur le modernisme, les médias et l’intermédialité. Il a rédigé ou dirigé divers ouvrages sur ces questions dont, plus récemment, Les archives de la mise en scène : hypermédialités du théâtre (en co-direction avec Giusy Pisano, Lille, Septentrion, 2014), Théâtre et intermédialité (Lille, Septentrion, 2015) et Le son du théâtre XIXe-XXIe siècle : histoire intermédiale d’un lieu d’écoute moderne (en co-direction avec Marie-Madeleine Mervant-Roux, CNRS Édition, 2016).

  • Maude B. Lafrance (chargée de cours, École supérieure de théâtre, UQAM, étudiante au doctorat en études et pratiques des arts)
    « Présences et expériences de la culture populaire sur la scène contemporaine »

Le projet de recherche présenté dans cette communication vise à interroger l’influence de la culture populaire sur le théâtre contemporain nord-américain (2000 à aujourd’hui), considérant que de plus en plus d’œuvres placent dans leurs dramaturgies des matériaux et images typiques de cette culture. Il s’agit d’étudier comment des objets populaires (publicité, séries télévisées, musique pop, etc.) font l’objet d’un détournement scénique. L’objectif principal consiste ainsi à interpréter pour comprendre le rapport que ces œuvres entretiennent à la culture populaire à partir d’analyses intermédiales (Elleström), mais également à partir de la notion d’affect (Deleuze, Ahmed, Massumi). Cette dernière servira à considérer la dimension culturelle et politique de ce phénomène en envisageant comment des pratiques historiquement et esthétiquement situées, une fois incorporées en scène, contribuent à créer des nouvelles géographies de sens.

Notice

Maude B. Lafrance est doctorante en études et pratiques des arts à l’Université du Québec à Montréal (École supérieure de théâtre) où elle est également chargée de cours. Sa thèse, sous la direction de Marie-Christine Lesage et Erin Hurley, aborde les rapports entre la culture populaire et la scène contemporaine. Son mémoire de maîtrise en littérature comparée portait sur le son chez Romeo Castellucci.

12h 25-12 h 40 Discussion

12 H 40- 13 h 00 : esthétiques théâtrales

  • Filip Dukanic (étudiant au doctorat, Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle et Université de Montréal)
    « Esthétique de la disparition sur la scène contemporaine »

Cette communication propose une réflexion critique sur la scène contemporaine européenne et québécoise. Envisagée comme un « état des lieux », elle vise une confrontation de la notion « disparition » avec celle du spectacle vivant, notamment à partir du travail du metteur en scène Romeo Castellucci. Le but de cette communication est d’échanger avec différents étudiants, doctorants et chercheurs pour mieux comprendre les pratiques scéniques actuelles.

Notice

Filip Dukanic est doctorant en cotutelle entre l’Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle (Institut de recherche en études théâtrales) et l’Université de Montréal (Département des littératures de langue française), sous la direction de Joseph Danan et Jean-Marc Larrue. Ses recherches portent essentiellement sur l’esthétique de la disparition sur la scène contemporaine et sur la philosophie du post-humanisme.

  • Pascal Robitaille (étudiant au doctorat en littératures de langue française, Université de Montréal)
    « Figures du "nouveau minimalisme" sur la scène québécoise contemporaine (Marie Brassard, Nicolas Cantin et Étienne Lepage) »

Ma thèse portera sur le « nouveau minimalisme » qui caractérise certaines pratiques théâtrales québécoises contemporaines, notamment celles de Marie Brassard (1959-), de Nicolas Cantin (1973-) et d’Étienne Lepage (1979-). Au plan dramaturgique, ces pratiques cadrent avec les quatre axes – formel (textes courts, fragmentés ; brièveté des répliques), stylistique (démantèlement du vocabulaire, de la syntaxe et de la rhétorique), énonciatif (mise à distance émotionnelle, désinvestissement, impassibilité) et narratif (personnages indéterminés ; intrigues épurées) – du « mode minimaliste » établis par Françoise Revaz. Au plan scénique, elles affichent une scénographie dépouillée (costumes et décors épurés, espace scénique peu encombré), marquée par une utilisation sobre, mais très efficace, des diverses technologies électriques et numériques (éclairage robotisé, projections visuelles, reproduction sonore).

Notice

Pascal Robitaille a complété un baccalauréat et une maîtrise en histoire de l’art à l’Université Concordia. Il est présentement en train de compléter un doctorat en littératures de langue française à l’Université de Montréal. Il est également diplômé en réalisation de l’Institut national de l’image et du son (INIS). Ses courts et moyens métrages (en tant que scénariste et réalisateur) ont joué dans une quarantaine de festivals internationaux depuis 2000. Il a touché pour la première fois à la mise en scène théâtrale en été 2016 en montant une courte pièce dans le cadre du festival SOIR à Montréal.

  • Mélissa Golebiewski (étudiante au doctorat, Département des littératures de langue française, Université de Montréal et Centre d’Études et de Recherches comparées sur la Création, École Normale Supérieure de Lyon)
    « Ce qu’on dit / ce qu’on voit : croisements dramaturgies et esthétiques du théâtre vidéo-augmenté »

Ce projet de recherche prend sa source dans un double constat : la profusion et la variété, sur la scène contemporaine québécoise et européenne, de formes composites mêlant théâtre et technologies vidéographiques, mais également un retour en force du récit, voire du drame, au théâtre. S’il y avait alors lieu de prononcer la mort du drame ou l’éloignement du texte, il faut désormais compter avec une création contemporaine qui essaye de faire de l’un avec du disparate, de raconter des histoires par tous les biais et matériaux possibles. De fait, l’agencement théâtral tout entier est ébranlé et il faut donc remettre sur le métier la question d’une poétique contemporaine du théâtre « vidéo-augmenté » : quel ensemble de principes cohérents dégager, au-delà du geste d’un metteur en scène, d’un genre (adaptation de roman, texte dramatique) ou de l’œuvre d’un auteur ? Quelles dynamiques intermédiales identifier pour dépasser une conception essentialiste du spectacle de théâtre et penser ces formes composites ?

Notice

Mélissa Golebiewski est actuellement au doctorat, en cotutelle entre l’Université de Montréal et l’École Normale Supérieure de Lyon ; elle est donc rattachée au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal, mais également au Centre d’Études et de Recherche comparées sur la Création. La direction de sa thèse est assurée d’un côté de l’océan par Jean-Marc Larrue et par Jean-Loup Rivière de l’autre.

13 h 05-13 h 15 Discussion

13 h 15-13 h 25 Pause

13 H 25-13 h 50  recherche-création

  • Morena Prats (artiste interdisciplinaire, candidate à la maîtrise en théâtre, UQAM)
    « Dramaturgie des corps en scène: la Pathosformel d’Aby Warburg, du concept à la poïétique » 

Ce projet de recherche-création est une étude sur l’expressivité des corps au plateau, inspirée du concept de Pathosformel de l’historien de l’art Aby Warburg. Les Pathosformel sont des « formules gestuelles qui reparaissent, après une longue période de latence, chargées d’une intensité affective nouvelle » (Careri, 2003, p. 41). Le concept de Pathosfomel de Warburg désigne donc la forme corporelle du pathos (ou de l’affect) qui ressurgit dans les représentations faites par l’homme, à différents moments de l’histoire. Dans le cadre de cette recherche, j’assemble des images issues de plusieurs époques et de différents médiums, afin de mettre en lumière les réutilisations, par les médias, de postures corporelles issues des canons de l’histoire de l’art. Ces postures sont ensuite mises en corps sous la forme de tableaux vivants. Le concept de Pathosformel me permet de questionner la (sur)utilisation d’éléments pathétiques corporels par les médias, et d’y injecter du mouvement, par des procédés de mise en corps et de tableau vivant. En somme, je tente par ce processus poïétique, de changer ces images-sidérantes (Bouvier et Touzé, 2014) en images-mouvement (Deleuze, 1983).

Notice

Morena Prats est une artiste interdisciplinaire formée comme comédienne à l’Université du Québec à Montréal, au conservatoire d’Avignon et à Minsk, en Biélorussie. Elle a travaillé en tant qu’interprète pour Luce Pelletier, Olivier Kemeid, Nadia Schnock, le Nature Theater of Oklahoma et le collectif Bas Nylon et en tant que conseillère dramaturgique pour la chorégraphe Bérengère Bodin, l’artiste Nadia Schnock et le metteur en scène Jérémie Niel. Elle est candidate à la maîtrise en théâtre depuis septembre 2015 où elle mène une recherche sur la dramaturgie des corps, sous la direction de Marie-Christine Lesage et Stéphanie Jasmin. 

  • Camille Courier de Méré (étudiante au doctorat en études et pratiques des arts, chargée de cours, École supérieure de théâtre, UQAM)
    « Dessiner en direct sur scène : ombres numériques et capture d’interprétation »

En étudiant de près les outils numériques employés pour dessiner sur la scène de spectacle vivant ces vingt dernières années ainsi que les configurations matérielles et techniques qui sous-tendent ces pinceaux contemporains, on constate qu’ils s’enracinent dans un rapport à l’interprétation et à l’image du corps humain bien singulier. Les dessins que Laurent Goldring a réalisés en direct avec Louise Lecavalier et Benoît Lachambre ont servi de point de départ à ma réflexion théorique et poïétique. En testant certains dispositifs récents de capture d’interprétation, adaptés au geste de dessiner sur scène, des voies d’exploration s’ouvrent et permettent de mieux comprendre les liens qu’entretiennent ombre et image du corps humain. 

Notice

Après des études de sculpture et de peinture à l’École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) de Paris, Camille Courier de Mèré réalise des toiles peintes pour les ateliers de décors de l’Opéra de Paris (Bastille et Garnier). De nombreuses collaborations avec des plasticiens, des compagnies de théâtre et de danse s’ensuivent. En continuité avec le sujet de son Master 2 (en Art Contemporain et Nouveaux Médias, Université Paris 8), elle mène actuellement une recherche-création au doctorat, en études et pratiques des arts à l’UQAM. Son sujet est le geste de dessiner sur la scène du spectacle vivant, avec des outils émergents, en particulier numériques. Ses co-directrices sont Josette Féral (Université Paris 3 et École supérieure de théâtre de l’UQAM) et Gisèle Trudel (École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM). Camille Courier de Mèré a créé le cours « Théâtre et Langages visuels » à l’EST de l’UQAM en 2016 et est actuellement chargée du cours « Théâtre actuel ». Elle est membre du groupe de recherche Print et membre étudiante d’Hexagram.

  • Antoine Turmine (étudiant à la maîtrise en danse, UQAM)
    « Le corps du groove : le jeu des transformations »

« Le corps du groove : le jeu des transformations » est un mémoire-création qui cherche, à travers une méthodologie inspirée de la phénoménologie, à identifier les frontières du groove et à décrire le phénomène de bascule de l’interprète en l’état de groove. Où se situe et comment se manifeste la bascule vers le groove dans le corps du danseur-percussionniste? Quelles transformations cela représente-il pour le corps? Pour répondre à ces questions, le travail de terrain met en jeu l’orchésalité de deux interprètes afin de faire advenir le phénomène de groove et pour finalement, se familiariser avec ses frontières. L’objectif étant d’en dégager une matière pour l’interprète en danse percussive; une matière qu’il peut travailler. Car si l’on considère qu’un même rythme offre une multitude de lieux à explorer, on peut supposer qu’un travail corporel permettrait de faire émerger d’autres manières d’incarner un rythme.

Notice

Antoine Turmine est actuellement candidat à la maîtrise en danse de l’UQAM. Son projet de maîtrise tente d’offrir une vue de l’intérieur sur le phénomène de groove en danse percussive. Ce projet est sous la codirection de Nicole Harbonnier Topin et de Geneviève Dussault. Antoine poursuit également, parallèlement à ses études, une pratique professionnelle en danse contemporaine et en danse percussive.

  • Johanna Bienaise en collaboration avec Manon Levac et Caroline Raymond (professeures au Département de danse, UQAM)
    « L’articulation théorie-pratique dans la  recherche-création en danse »  

Dans le cadre d’une publication autour de la place de la pratique dans la recherche en danse (revue Recherches en danse), nous (Johanna Bienaise, Manon Levac et Caroline Raymond) avons cherché à mieux comprendre comment pouvaient s’articuler la théorie et la pratique dans des projets de recherche-création menés à la maîtrise en danse au Département de danse de l’UQAM. Pour ce faire, nous avons mené un entretien d’explicitation avec trois artistes-étudiantes diplômées entre 2012 et 2014. Lors de notre présentation, nous exposerons comment, de leur témoignage, nous avons pu dégager trois espaces relationnels entre la théorie et la pratique : une relation théorie | pratique en tension, une relation théorie ↔ pratique en échange, et une relation théorie ∞ pratique fluidifiée conduisant à une validité intérieure de la recherche.

Notice

Johanna Bienaise est professeure en interprétation au Département de danse de l’UQAM depuis juin 2012 et responsable du Groupe de Recherche Interdisciplinaire en Arts Vivants (GRIAV) de la Faculté des arts de l’UQAM depuis février 2015. Détentrice d’un doctorat en Études et Pratiques des Arts de l’UQAM, ses recherches portent sur le travail de l’interprétation en danse, sur les mécanismes de création dans le champ chorégraphique et interdisciplinaire danse/théâtre, et enfin, sur la formation technique des danseurs en formation préprofessionnelle.

Discussion 13 h 50-14 h 05

14 h 05-14 h 30 Perspectives historiques en danse et musique

  • Anne-Marie Gardette (enseignante, conseillère artistique et interprète)
    « Le Livre de  contredanses avec les figures dit “manuscrit de Trois-Rivières”. Petit cahier de danse du XVIIIe siècle en Nouvelle-France »

Le livre de contredanses avec les figures est, à ce jour, le plus ancien recueil de danse connu au pays. Le petit manuscrit trouvé aux Archives du Séminaire de Trois-Rivières dans la collection « Montarville Boucher De La Bruère », comporte 61 contredanses dont 27 sont décrites sommairement. Comment à partir des notes manuscrites de ce petit cahier a-t-il été possible de reconstituer les danses et leur musique d’accompagnement ? Je présenterai ce fameux manuscrit, ce en quoi il consiste et d’où il vient. Je ferai un résumé des recherches entreprises et des défis rencontrés. Je retracerai les correspondances des contredanses du manuscrit dans les publications françaises de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Notice

Formée en danse académique à l’École Supérieure de Danse de Cannes-Mougin Rosella Hightower, Anne-Marie Gardette se spécialise, par la suite, en danse Renaissance et baroque à Paris. De 1986 à 1994, elle danse au sein de la prestigieuse compagnie de danse baroque Ris et Danceries dirigée par Francine Lancelot. Elle participa notamment aux grandes productions de la compagnie (Atys, Les Indes Galantes, Médée, Bal à la Cour et sous la direction musicale de William Christie, Les Arts Florissants) qui l’ont conduite à se produire en France et ailleurs en Europe, de même qu’au Japon, en Amérique latine, aux États-Unis et au Proche-Orient. En 1995, elle s’installe à Montréal et en 2000, elle fonde avec Pierre Chartrand la compagnie Danse Cadence vouée à la diffusion de la danse traditionnelle et ancienne. Elle reçoit en 2007 une bourse du Conseil des arts du Canada pour les restitutions des danses du manuscrit de Trois-Rivières, le Livre des contredanses avec les figures [c.1760]. Pour ce projet de recherche, elle collaborera avec deux spécialistes reconnus dans le domaine : Pierre Chartrand (danseur, câlleur et historien de la danse) et Gilles Plante (musicien et directeur de l’Ensemble Claude-Gervaise). Elle aura l’occasion de présenter plusieurs de ces restitutions entre autres en France à l’Académie internationale de danse et musique anciennes de Sablé-sur-Sarthe (en 2008, 2010 et 2011). Elle enseigne régulièrement au Québec la danse Renaissance (XVe et XVIe siècles) et la danse baroque ou « Belle danse » (XVIIe et XVIIIe siècles). Dernièrement elle a collaboré, en tant que conseillère artistique et interprète, à la réalisation de vidéos de danse pour la grande exposition « Fêtes et divertissements à la Cour » au Château de Versailles (France) qui a lieu en ce moment (automne 2016 – hiver 2017).

  • Josiane Fortin (chorégraphe, enseignante et chercheure en histoire de la danse, étudiante au doctorat en études et pratiques des arts, UQAM)
    « Les pratiques chorégraphiques québécoises de 1980 à 2000 : corrélations avec les transformations sociopolitiques »

Cette recherche doctorale poursuit l’objectif suivant : dresser un portrait global des mutations qui ont caractérisé le milieu chorégraphique québécois de 1980 à 2000, en corrélation avec les transformations sociopolitiques. À l’exception des écrits de l’historienne Iro Tembeck (1991; 1994), peu d’ouvrages présentent un panorama englobant des tendances chorégraphiques qui animaient le Québec durant la seconde moitié du XXe siècle. Ma thèse vise ainsi à documenter le patrimoine chorégraphique québécois. Dans le cadre de cette communication, j’aborderai différentes hypothèses quant à la dimension politique de la danse québécoise des années 1980 à 2000, en traitant de facteurs intrinsèques – l’art peut être considéré comme étant politique en soi, parce qu’il suscite des « dissensus » et un acte de partitionnement du sensible (Rancière, 2004 ; Lepecki, 2013) – et de facteurs extrinsèques – l’art peut interférer dans le domaine politique lorsqu’il occupe l’espace culturel (Franko, 2007). J’aborderai également la « grille de politicité » proposée par l’auteure serbe Ana Vujanović (2013), qui met en exergue les réseaux de pouvoir complexes dans lesquels s’inscrivent les œuvres chorégraphiques.

Notice

Josiane Fortin est chorégraphe, enseignante et chercheure en histoire de la danse. Elle a présenté ses créations chorégraphiques dans le cadre de différents festivals et sur plusieurs scènes montréalaises. Elle travaille en histoire de la danse et a été chargée de projet à la Bibliothèque de la danse Vincent-Warren (2015-2016). Elle a complété un mémoire-création à la maîtrise en danse à l’UQAM en 2016 qui portait sur la création chorégraphique et sur la « théorie fictionnaire de la sensation » du philosophe français Michel Bernard. Actuellement, elle est candidate au doctorat en études et pratiques des arts à l’UQAM. Sa thèse porte sur l’histoire de la danse au Québec et elle est dirigée par Marie Beaulieu, historienne et professeure au Département de danse de l’UQAM. 

  • Laurane Van Branteghem (étudiante à la maîtrise en histoire de l’art, UQAM)
    « Déconstruction critique des normativités en danse contemporaine »

Cette communication porte sur les formes particulières de résistance, de détournements et déconstructions normatives propres à certains spectacles de danse contemporaine, une discipline riche en nouvelles propositions esthétiques et critiques. Le corps dansant en représentation détient une forte puissance de persuasion, de rhétorique et de déconstruction (Franko, 2006, p. 6). C’est sur ces enjeux que portaient mes recherches au cycle supérieur, à cet effet, je m’intéressais à des pratiques actuelles en danse dont la portée est politique. Les danseurs, danseuses et chorégraphes participent aussi à une contestation sociopolitique en proposant leur propre sensibilité, leur propre imagination. À travers l’analyse d’un corpus d’œuvre, j’ai voulu montrer que la danse actuelle, avec son langage propre, pouvait aussi s’inscrire dans un cadre académique d’histoire de l’art. 

Notice

Toujours impliquée dans le milieu académique de l’université, à travers l’association étudiante des cycles supérieurs en histoire de l’art et l’Artichaut, revue des étudiants en art de l’UQAM, Laurane Van Branteghem a effectué son premier dépôt de mémoire de maîtrise en histoire de l’art à la mi-novembre 2016. Joanne Lalonde (Figura) du département d’histoire de l’art et François-Joseph Lapointe (Hexagram) du département de biologie de l’Université de Montréal étaient les co-directeurs de ce mémoire.

  • Vanessa Blais-Tremblay (étudiante au doctorat en Musicology & Women’s Studies, McGill, University Jazzing Little Burgundy Fellow, Institute for the Public Life of Arts + Ideas (IPLAI), Reading Group Coordinator, International Institute for Critical Studies in Improvisation (IICSI—McGill)
    « Les femmes et l’âge d’or du jazz à Montréal (1925-1955) »

Les archives témoignent de l’importance indubitable des femmes dans le développement de la première et de la plus importante scène jazz du Canada dans la première moitié du XXe siècle. Pourtant, elles n’apparaissent pas dans les narratifs historiques actuels. Cette communication dresse un portrait plus exhaustif de la présence des femmes dans la scène jazz montréalaise de l’entre-deux-guerres en explorant brièvement le rôle des pianistes, des autres instrumentistes jazz, des chanteuses, des enseignantes, ainsi que de la danse sociale et théâtrale dans l’articulation d’une scène jazz à Montréal. En particulier, j’aborderai les raisons historiques qui semblent avoir poussé les femmes dans ces espaces performantiels précis (le piano, le chant, l’enseignement et la danse) ainsi que les raisons historiographiques qui les auraient exclues jusqu’à aujourd’hui de notre histoire.

Notice

Vanessa Blais-Tremblay est violoniste professionnelle et candidate au doctorat en musicologie et en études des femmes à l’Université McGill. Cette présentation est issue de son projet de thèse doctorale, qui est soutenu par une bourse Joseph-Armand Bombardier du CRSH.

 Discussion 14 H 30-14 H 45

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lundi 13 février 2017, 12:00 - 14:45
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Pavillon Lionel-Groulx (Université de Montréal)