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Table ronde
Université du Québec à Montréal

Table ronde internationale de la recherche et de la création sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique

27 février 2017 
Local PK-1140 du pavillon Président-Kennedy
201, avenue du Président-Kennedy (Montréal)

L’objectif de cette quatrième table ronde internationale de la recherche sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique est de permettre aux chercheures/s (professeures/s, étudiantes/s des cycles supérieurs et postdoctorantes/s) de présenter l’un de leurs projets liés au Nord, à l’Arctique et à l’hiver, dans le contexte d’une recherche culturelle entendue au sens large. Les participantes/s sont invitées/és non à présenter les résultats d’une analyse, mais à exposer les objectifs, les corpus, la méthodologie et les hypothèses de l’un de leurs projets de recherche ou de création actuels sur le Nord culturel (et pour les étudiantes/s des cycles supérieurs, de leur mémoire ou de leur thèse). 

programme

9 h 00 Inscription

  • 9 h 45 Mot de bienvenue
    Daniel Chartier (titulaire, Chaire de recherche sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique, Université du Québec à Montréal)

10 h 00 LE NORD MULTIDISCIPLINAIRE

Président de séance : Daniel Chartier

  • José BABIN (fondatrice du Théâtre Incliné, Laval)
    « “Nordicité, des pas sur le cercle” du Théâtre Incliné »
    • Étalé sur 4 ans, NORDICITÉ, DES PAS SUR LE CERCLE est un vaste projet de recherche, de création et d’échanges entre artistes de huit pays circumpolaires. Une plateforme numérique présente l’avancement du cycle, qui inclut la création de plusieurs objets artistiques présentés en 2017, 2018 et 2019 au Canada, au Danemark, en Finlande, en Suède et en Norvège. Nous en sommes à l’an deux du projet et je reviens d’une résidence de création dans les îles Lofoten, où j’ai travaillé à la mise sur pied d’un premier spectacle interdisciplinaire avec des artistes de Finlande, de Norvège et du Québec, qui sera présenté à Montréal en mars 2017. Je vous parlerai de cette expérience et des prochaines étapes de note cycle nordique. http://www.theatreincline.ca/nordicite/
    • Metteure en scène, comédienne, et auteure scénique, José Babin a fondé le Théâtre Incliné en 1991. Sa démarche artistique est basée sur une écriture scénique sensible qui utilise la matière pour exprimer sa pensée. À travers ses recherches sur la forme théâtrale et avec son complice Alain Lavallée, elle a développé un théâtre qui affectionne les espaces morcelés. Des œuvres où la matière, les corps, la lumière et la musique incarnent un « détail » de la toile complète; un théâtre où le spectateur assemble les morceaux. Ses spectacles sont diffusés en Amérique, en Europe et en Asie.
  • Eddy MALENFANT, (cinéaste, Sept-Îles)
    « Transfert des connaissances traditionnelles innues des aînés aux plus jeunes » 
    • Par l’entremise de l’audio-visuel et du numérique, les Productions Manitu proposent aux jeunes innus un retour sur leur culture (innu aitun). Plus de cinquante vidéos sont disponibles en langue innue, avec versions française et anglaise (www.nametauinnu.ca). Nous avons aussi produit des livres électroniques (iBooks) sur le tambour, la raquette et le canot traditionnel innu, en plus du récit de vie d’Evelyne St-Onge et d’un ouvrage sur les sites sacrés innus. Récemment, nous avons réalisé un programme d’enseignement de la culture innue par les arts.
    • En compagnie de Zacharie Bellefleur, de Céline Vollant et d’Evelyne St-Onge, Eddy Malenfant a fondé les Productions Manitu, une entreprise sans but lucratif, en 1987. Son objectif est de faire connaître la culture innue. L’envol des Productions Manitu s’est effectué en même temps que la création du réseau de télévision APTN, qui lui a permis de financer ses productions et, surtout, de les diffuser. En 2011, ils ont réalisé le site web www.nametauinnu.ca « connaissances et mémoire du territoire ». En 2013, ils ont produit et distribué, via l’iBooks store, trois de leurs livres électroniques : le canot, le tambour et la raquette traditionnelle. En 2016, ils font leur entrée dans les écoles innues via un programme d’enseignement par les arts (ETAP).
  • Margot RICARD (professeure, Université du Québec à Montréal)
    « Les séries nordiques à l’honneur à l’UQAM »
    • À l’heure du boom mondial des séries télévisées de fiction, avec Pierre Barrette, collègue de l’École des médias, j’organise un colloque, chaque deux ans, sur les séries télévisées avec un important volet sur les séries scandinaves. Le colloque s’adresse tant aux chercheurs et à nos étudiants qu’aux créateurs de séries québécoises. Deux éditions de ce colloque ont déjà eu lieu avec succès : « Confluence Nordique », en avril 2014, et « Le Risque en séries », en mars 2016.  Dotés de marchés similaires à celui du Québec, nous avions envie de profiter de l’expérience de créateurs scandinaves de séries à succès internationaux, telles que Broen (The Bridge) (co-production suédo-danoise), Real Humans (production suédoise) et Borgen (production danoise). Quels sont les secrets de fabrication qui permettent à ces créateurs de produire des séries qui réussissent à atteindre les publics du monde entier ? Quels enseignements pouvons-nous tirer de leur savoir-faire pour le Québec ?
    • Margot Ricard œuvre dans le milieu de la télévision depuis plus de vingt-cinq ans. Détentrice d’une maîtrise en science politique de l’Université d’Ottawa, elle a été, tour à tour, recherchiste, journaliste, conceptrice et réalisatrice, principalement pour la Société Radio-Canada. Depuis juin 2004, elle est professeure à L’École des médias de la Faculté de communications de l’Université du Québec à Montréal. Ses champs d’intérêts sont le travail de réalisation, l’entrevue à la télévision, le rapport réalisateur-producteur au cinéma, la conception d’émissions de télévision (les formats) ainsi que l’écriture télévisuelle en fiction (la série).
  • Vera NIKIFOROVA (rectrice, École supérieure de musique de la République de Sakha, Russie)
    « Le paysage sonore de l’Arctique »
    • La présente recherche est consacrée à la description et à l’étude du code musical spécial de la culture traditionnelle des peuples de la Sibérie, lequel est associé à l’état de la nature en hiver. Le fond mythologique des Ob-ougriennes, Samoyèdes, Dolgan, Evens, Evenki, Yukaghir et des Yakoutie du Nord a préservé les collections d’instruments de musique archaïques, symbolisant la « voix » de la nature et servant des attributs sacrés dans les rituels du cycle automne-hiver. L’étude est basée sur les matériaux recueillis lors des terrains réalisés entre 1980 et 2000 dans les différentes régions de la Sibérie. Cette communication présentera les techniques de fabrication, les caractéristiques et l’analyse sémantique de cette musique.
    • Vera Nikiforova est rectrice de l’École supérieure de musique de Yakutsk (République de Sakha, Russie) et musicologue diplômée du Conservatoire d’État de Novossibirsk. Sa thèse s’intitulait « La tradition locale dans la musique épique yakoute de l’Olonkho ». Ses intérêts de recherche sont les paysages sonores de l’Arctique, le folklore et la mythologie, et l’éducation musicale. Elle est l’auteure de plus de cinquante publications et a participé à vingt expéditions en Sibérie.
  • Kevin McCOY (auteur, metteur en scène, comédien, directeur artistique du Théâtre Humain, Québec)
    « Démarches sur un chemin vers le Nord »
      • Norge, c’est le récit d’un voyage vers les origines durant lequel Kevin tente de remplir les trous de son histoire familiale, de jeter une lumière sur les énigmes soulevées par la découverte du passeport de son aïeule, Herbjørg Hansen. Ses pérégrinations le feront marcher sur les pas de celle qui a quitté sa Norvège natale à l’âge de quatorze ans pour se construire une nouvelle vie de l’autre côté de l’océan. Elles seront aussi l’occasion pour lui de revenir sur sa propre migration, qui l’a conduit de Chicago à Québec. Avec un brin d’humour et une profonde sensibilité, entremêlant le français, l’anglais et le norvégien, Kevin McCoy jette des ponts – littéraires, artistiques et même géographiques – entre des cultures qui présentent de nombreuses affinités. Cette intervention présentera la démarche créatrice de l’auteur, dont les plusieurs années de recherche, qui mena à la pièce Norge.
      • Originaire des États-Unis, Kevin McCoy a commencé sa carrière à Chicago, où il a travaillé comme auteur, metteur en scène et comédien. En 1996, il a fait le choix de venir s’installer à Québec. Le milieu artistique l’a accueilli à bras ouverts, et il a commencé à collaborer à des projets de théâtre, de cirque, de danse et de musique avec des compagnies comme Ex Machina, le Théâtre du Trident, le Théâtre Blanc, le Théâtre Bienvenue aux Dames ! et l’École de cirque de Québec. En 2006, Kevin McCoy a fondé sa compagnie, Théâtre Humain. Pendant la saison 2006-07, il a créé, mis en scène et joué dans AILLEURS, un regard théâtral et documentaire sur la vie des immigrants à Québec. Par la suite, Kevin McCoy a été artiste en résidence au Théâtre du Trident à Québec, où il a entamé la création de NORGE, une œuvre très personnelle inspirée de l’histoire d’immigration de sa grand-mère norvégienne. En mars 2015, la première mondiale de cette pièce a eu lieu au Grand Théâtre de Québec dans une coproduction du Trident et de Théâtre Humain. La production a été un coup de cœur de la saison et Kevin McCoy s’est vu décerner le Prix des abonnés du Trident pour sa performance. En novembre 2016, NORGE a été présenté à l’Espace Go, à Montréal. La production est actuellement en tournée.

11 h 00 CULTURES CIRCUMPOLAIRES

Président de séance : Monique Durand

  • Daniel CHARTIER (titulaire de la Chaire de recherche sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique, Université du Québec à Montréal)
    « Projet Étude, traduction et mise en valeur des littératures inuites du Nunavik et du Groenland : discours de l’autochtonie et de la survie culturelle »
    • C’est moins par le nombre de ses productions que la littérature inuite trouve son intérêt et sa pertinence, que par le fait qu’elle se constitue en une institution symbolique qui a valeur d’expérience universelle pour l’homme. Pour les Inuits, cet engagement prend la forme d’un devoir de mémoire, qui témoigne à quel point il est aujourd’hui nécessaire de prendre la parole par l’écriture, pour transmettre et faire connaître leur vision des choses (tel que l’écrivent Epoo, 1985 et Markoosie, 2010). Héritière d’une tradition ancienne, s’appropriant des langues et des formes de l’extérieur, la littérature inuite doit conjuguer avec une tradition orale depuis longtemps instituée et des enjeux du 21e siècle, ce qui n’est pas sans éveiller des contradictions et des déviations. Cette ambiguïté permet l’émergence de formes hybrides qui passent outre les étapes usuelles de l’établissement institutionnel d’une littérature. Elle traduit aussi une expérience universelle qui témoigne d’un contexte humain extrême. L’objectif de ce projet est de comparer et de lier, par les traductions inédites, des territoires inuits jusqu’ici peu en contact (Nunavik et Groenland), et de laisser la voix aux écrivains du Nunavik et du Groenland pour qu’ils disent leurs visions de la culture, de l’avenir et du territoire.
    • Daniel Chartier est professeur à l’Université du Québec à Montréal, titulaire de la Chaire de recherche sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique et directeur du Laboratoire international d’étude multidisciplinaire comparée des représentations du Nord. Au cours des dernières années, il a publié une vingtaine de livres et plusieurs articles sur les études québécoises, la représentation du Nord, de l’Arctique et de l’hiver, le pluralisme culturel et l’esthétique de la réception, dont les livres L’émergence des classiques. La réception de la littérature québécoise des années 1930 (1998), le Guide de la culture au Québec (1999), Le(s) Nord(s) imaginaire(s) (2008), La spectaculaire déroute de l’Islande (2010), traduit en anglais sous le titre The End of Iceland’s Innocence et publié à Reykjavik par Citizen Press (2010), puis par University of Ottawa Press (2011) et Le lieu du Nord (2015). Avec Jean Désy et Louis-Edmond Hamelin, il a publié en 2014 La nordicité du Québec. Il a aussi réédité une douzaine œuvres dans la collection « Jardin de givre » dont L’impératrice de l’Ungava, Récits du Labrador et Le harpon du chasseur. Il a codirigé le projet collectif « Iceland and Images of the North » à l’Académie de Reykjavik et un projet de l’Année polaire internationale pour la mise en valeur du patrimoine écrit inuit du Nunavik (2008-). Il a enseigné et donné des conférences dans une trentaine d’universités, dont l’Université de Lund, Paris 3, Paris‑IV, Helsinki, Stockholm, d’Islande, du Groenland, de Buenos Aires, de Fribourg, de Groningue et Yale.
  • Judith POIRIER (professeure, Université du Québec à Montréal)
    « Latitude, un hybride typographique »,
    • J’ai conçu une police de caractères en bois, un jeu de 85 pièces modulaires qui permettent de composer et de décomposer les signes de l’alphabet romain et ceux du syllabaire inuktitut. Ce projet avait pour prémisse de réduire l’alphabet à ses unités de base, et d’ainsi générer des compositions rythmées sur la page, inspirées par la forme et la sonorité des mots. Je réfléchis en ce moment au contenu d’une publication où le français, l’anglais et l’inuktitut seront juxtaposés, créant des passages hybrides et abstraits. Ce projet de recherche et création mène vers de nouvelles perspectives de collaborations interdisciplinaires et interculturelles, notamment pour le choix des mots. J’aimerais aussi, si cela s’avère possible, me rendre au Centre culturel Kenojuak à Cape Dorset pour une résidence d’impression typographique. La presse servirait de lieu d’échange avec des artistes sur place, comme un instrument de composition visuelle. Un film d’animation pourrait aussi émerger du processus.
    • Professeure à l’École de design de l’UQAM, Judith Poirier s’est, au fil des ans, spécialisée en typographie, dans une approche artistique et expérimentale. Ses projets d’édition et d’animation l’amènent notamment à imprimer avec des caractères de plomb et de bois, un héritage typographique qu’elle intègre à une démarche contemporaine. Son plus récent projet de recherche et création, La chose imprimée (FRQSC 2010–2014), avait pour objectif d’explorer les qualités physiques et conceptuelles du livre imprimé à l’ère numérique. Latitude a pris forme dans ce contexte.
  • Enrique DEL ACEBO IBÁÑEZ (professeur, Universidad del Salvador, Argentine)
    « L’Association internationale des enjeux socioculturels circumpolaires (IACSI) et l’Arctic & Antarctic – International Journal on Circumpolar Sociocultural Issues : dix années d’efforts et d’approches pour mettre en valeur la nature bi-dimensionnelle du phénomène circumpolaire : le Nord et le Sud »
    • Il sera question du lancement de l’Association internationale des enjeux socioculturels circumpolaires (IACSI) en 2005, résultat du réseau scientifique international qui s’est tissé entre des universitaires et des chercheurs de l’Islande, de la Finlande, de l’Argentine et du Canada, entre autres. Les objectifs et les projets comparatifs de cette association seront également abordés. Ses activités principales sont l’organisation annuelle d’un atelier international, la publication annuelle de la revue internationale évaluée par les pairs Arctic & Antarctic – International Journal on Circumpolar Socio-cultural Issues et la mise sur pied de festivals de films circumpolaires.
    • Enrique del Acebo Ibáñez a complété le programme de sociologie de l’Université de Buenos Aires avant de suivre une maîtrise en sociologie du développement et un doctorat en sociologie à l’Université complutense de Madrid. Il a aussi étudié la réalisation filmique en Argentine. Il est professeur titulaire à l’Université de Buenos Aires et directeur du Programme circumpolaire international de la faculté des sciences humaines de l’Université d’El Salvador, en Argentine. Il a pubié ou co-publié vingt-six livres et a été traduit en serbe, en islandais, en anglais, en français et en finnois. Il est également le président de l’Association internationale des enjeux socio-culturels circumpolaires (IACSI) et le rédacteur en chef de la revue Arctic & Antarctic – International Journal on Circumpolar Socio-cultural Issues. De plus, il est artiste plasticien, auteur de micro-fiction et acteur.
  • Richard COMPTON (professeur, Université du Québec à Montréal)
    « Comprendre le statut syntaxique des marqueurs de personne et de nombre en inuktitut : accords ou pronoms clitiques »
    • L’inuktitut marque l’accord verbal pour les traits de personne et de nombre du sujet et de l’objet simultanément. Cependant, des travaux récents en théorie syntaxique ont avancé l’hypothèse que ces cas d’accord apparents avec les objets dans toutes les langues humaines ne sont pas de vrais accords, mais plutôt des clitiques : des petits pronoms qui ne peuvent pas être autonomes et qui doivent s’appuyer sur un mot adjacent pour être prononcés. Pourtant, l’inuit semble remettre en cause ces propositions, puisqu’à plusieurs égards les marques de personne et de nombre pour les objets en inuit se comportent comme de vrais accords morphosyntaxiques. L’analyse de l’accord verbal en inuit a des conséquences sur notre compréhension de l’accord dans la théorie syntaxique et, en particulier, sur le degré auquel ses propriétés sont universelles ou soumises à des variations translinguistiques.
    • Richard Compton est professeur au département de linguistique à l’UQAM. Ses recherches examinent la formation de mots polysynthétiques, l’incorporation nominale et verbale, les catégories lexicales, la modification, et l’accord en inuktitut. Il a effectué du travail de terrain dans les communautés d’Iqaluit et de Baker Lake, au Nunavut, et il travaille actuellement sur une nouvelle édition d’un dictionnaire du dialecte kangiryuarmiut de l’inuinnaqtun.
  • Carolina FERRER (professeure, Université du Québec à Montréal)
    « La littérature comparée circumpolaire : traces et trajets » 
    • Dans ce projet, nous introduisons une approche novatrice qui nous permet, à travers l’exploitation des bases de données bibliographiques, de cartographier et d’analyser les littératures nationales et continentales. Spécifiquement, nous nous attarderons sur les lettres des zones circumpolaires, constituées par 14 pays : Islande, Norvège, Danemark, Suède, Finlande, Russie, Chine, États-Unis, Canada, Afrique du Sud, Argentine, Chili, Nouvelle-Zélande, Australie. Du point de vue théorique, nous baserons cette étude sur le croisement du concept de champ (Bourdieu 1992), de la théorie des polysystèmes (Even-Zohar 1990) et de la scientométrie (Price 1963, Leydesdorff 1998). En utilisant les références bibliographiques de la Modern Language Association International Bibliography, nous analyserons les relations entre les littératures des zones extrêmes. Ensuite, nous étudierons la présence d’objets d’étude spécifiques : Arctique, Antarctique, polaire, hiver, froid, glace, neige, etcétéra. Nous espérons ainsi illustrer la richesse que représentent les nouveaux observables de l’ère numérique pour mieux comprendre les réseaux géographiques et conceptuels qui sous-tendent la constitution de polysystèmes littéraires.
    • Carolina Ferrer est professeure au département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Canada. Ses recherches portent sur les humanités numériques, les dynamiques culturelles, les aspects sémiotiques des systèmes d’information documentaire. Elle a coédité, avec Lucille Beaudry et Jean-Christian Pleau, Art et politique. La représentation en jeu (Québec: Presses de l’Université du Québec, 2011). Avec Isaac Bazié, elle a coédité Écritures de la réclusion (Québec: Presses de l’Université du Québec, 2015), ainsi que l’anthologie Imaginer la violence. Perspectives Nord-Sud (Québec: Presses de l’Université du Québec, 2015). Elle a aussi publié des articles sur le canon et les prix littéraires, la circulation des concepts, les nouveaux observables de l’ère numérique, les relations entre littérature et cinéma, ainsi que sur l’œuvre de plusieurs auteurs.

12 h 00 Lunch 

13 h 10 ÉTUDES AMÉRINDIENNES ET INUITES 

Président de séance : Patrick Evans

  • Carol BRICE-BENNETT (ancienne directrice régionale des programmes de santé et de recherche autochtones, Labrador-Grenfell Health Authority)
    « Dispossessed : l’expulsion des Inuits de Hebron au Labrador »
    • En 1959, les Inuits vivant à Hebron, dans le Nord du Labrador, ont été forcés de quitter leurs foyers et de se réinstaller dans des communautés plus au sud. Environ soixante familles, comptant pour presque deux cent cinquante personnes, ont été expulsées quand les Frères moraves ont décidé de quitter le village, fondé en 1831, et que le gouvernement de Terre-Neuve a fermé le magasin général. Des familles ont été séparées et la plupart ont dû attendre plusieurs années avant qu’une maison leur soit octroyée dans une autre communauté, où elles étaient ghettoïsées et discriminées par les autres résidents. Le livre Dispossessed raconte les expériences des Inuits de Hebron avant et après avoir été dépossédés de leur terre natale et souligne l’importance du territoire chez les Inuits du Labrador.
    • Carol Brice-Bennett a mené de nombreuses recherches sur les aspects sociaux, économiques et historiques de la culture inuite du Labrador. Elle est surtout connue en tant qu’auteure du livre Our Footprints Are Everywhere: Inuit Land Use and Occupancy in Labrador, publié en 1977 et servant de preuve essentielle dans les revendications territoriales des Inuits. Elle a également écrit trois autres ouvrages : Hopedale: Three Ages of a Community in Northern Labrador, une autobiographie de l’aîné inuit Paulus Maggo intitulée Remembering the Years of My Life: Journeys of a Labrador Inuit Hunter, et le verbatim d’une réunion tenue à Hebron en 1999, intitulé Reconciling with Memories. Elle a aussi contribué à différents rapports, articles, expositions et films concernant le Labrador.
  • Éloïse AUDET-CLOUTIER, (étudiante à la maîtrise, Université du Québec à Montréal)
    « L’hétérogénéité identitaire et mémorielle dans les romans L’amant du lac et L’enfant hiver de Virginia Pésémapéo Bordeleau »
    • Dans le cadre de mon projet de mémoire, je m’intéresse, en partie, à la notion d’identité dans les romans L’amant du lac et L’enfant hiver de l’auteure métisse crie Virginia Pésémapéo Bordeleau. Cette identité est abordée à partir des concepts d’entre-deux, d’hybridation, de centre/périphérie, d’hétérolinguisme et de métissage. Ensuite, la notion de mémoire occupe la deuxième partie de mon projet. La mémoire doit être comprise à travers son hétérogénéité et son mouvement. L’exploration de cette notion se fait à partir des concepts d’altérité, de trauma, de deuil et de guérison. Il est donc question d’une mémoire collective et individuelle.
    • Éloïse Audet-Cloutier est étudiante au deuxième cycle en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal sous la direction de Daniel Chartier. Elle s’intéresse à la littérature autochtone québécoise d’expression française.
  • Myriam ST-GELAIS (étudiante à la maîtrise, Université du Québec à Montréal)
    « L’émergence de la littérature innue : conditions de production et d’institutionnalisation »
    • Dans le cadre de mes recherches, je m’intéresse aux littératures autochtones d’expression française au Québec et, plus spécifiquement, à la littérature innue écrite en français ainsi qu’aux textes bilingues, soit français‑innu. Je me questionne à savoir si ces textes innus, qui m’apparaissent particulièrement prolifiques depuis une décennie, peuvent constituer un corpus distinct. Pour ce faire, j’examine la spécificité des composantes thématiques et esthétiques des textes innus ainsi que leur inscription au sein des institutions littéraires afin d’analyser leurs processus de légitimation. Je m’attarde plus particulièrement au premier texte littéraire innu intitulé Je suis une maudite sauvagesse d’An Antane Kapesh (1976), au recueil de poésie Bâtons à message / Tshissinuashitakana de Joséphine Bacon (2009) et au roman Kuessipan de Naomi Fontaine (2011).
    • Myriam St-Gelais est étudiante à la maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal sous la direction de Daniel Chartier.
  • Patrice VIAU (étudiant à la maîtrise, Université du Québec à Montréal)
    « Marcher des deux côtés d’une frontière invisible : stratégies parodiques et satiriques de réappropriation culturelle dans l’œuvre d’Alootook Ipellie »
    • Si plusieurs ethnologues se sont intéressés à leurs contes et légendes, les récits contemporains des Inuits du Canada ont encore été peu étudiés par la critique littéraire. Lorsque c’est le cas, elle parvient difficilement à sortir du cadre de l’histoire littéraire ou des théories postcoloniales. Inspirés par les travaux de Keavy Martin, de Mareike Nauhaus et des théoriciens de l’American Indian Literary Nationalism, nous voulons interpréter l’œuvre de l’écrivain, journaliste et artiste Alootook Ipellie grâce à des outils théoriques propres à la tradition littéraire inuite. Ses textes parodiques et satiriques, tout en revêtant les « nouvelles peaux » de l’esthétisme littéraire colonial, dialoguent en fait avec les récits inuits, anciens ou contemporains, ainsi qu’avec les mythes modernes de l’Occident. Nous désirons ainsi enrichir la poétique inuite par l’analyse des textes d’un de ses principaux artisans.
    • Patrice Viau est actuellement étudiant à la maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Depuis toujours attiré par les littératures de la marge, il s’intéresse aux sources de l’imaginaire des Autochtones d’Amérique du Nord et aux mécanismes narratifs de leurs récits. Ses recherches portent actuellement sur l’œuvre d’Alootook Ipellie et la poétique inuit. 

14h00 TERRITOIRES NORDIQUES

Président de séance : Richard Compton

  • Monique DURAND (chercheure et journaliste, Groupe de recherche sur l’écriture nord-côtière, Sept-Îles)
    « Route bleue, route blanche, ou l’hiver qui sauve » 
    • La route bleue ? Pour Kenneth White, écrivain écossais, auteur de La route bleue, prix Médicis étranger 1983, c’est le bleu du ciel, du Saint Laurent, de la glace. Les silences bleus du Nord. Peut-être est-ce simplement le chemin du possible ? La route blanche ? C’est l’histoire de la petite Manipi, qui habite dans une communauté complètement isolée de la Basse Côte-Nord. Et qui rêve d’échapper à l’enfermement par la route blanche, quand la glace sera bien prise et formera un chemin vers la ville, là-bas, au loin. Un jour, elle en est certaine, ce sera le mitan de l’hiver, elle empruntera la mystérieuse voie blanche, elle prendra le chemin du possible et la poudre d’escampette, elle courra vers la liberté. La glace, compacte et lisse, la sauvera. L’hiver, principe salvateur pour le grand poète d’Écosse, White, et pour la petite d’Unamen Shipi, Manipi. C’est à leurs parcours, emmaillé à l’hiver et à la route de glace, que mes travaux et recherches s’intéresseront dans les mois à venir.  Une route rédemptrice mais incertaine, qui fond au soleil.
    • Écrivaine, journaliste et chercheure associée au sein du Groupe de recherche sur l’écriture nord-côtière, Monique Durand sillonne la planète et le Nord québécois avec sa plume. Elle a fait paraître Carnets du Nord en 2012. Elle a donné des conférences à Versailles, Reykjavík et Port-au-Prince dans le cadre de ses travaux de recherche et de création sur l’imaginaire du Nord et de l’hiver. Elle a remporté de nombreuses distinctions comme écrivaine et comme journaliste, au Québec et en France. Elle fera paraître en janvier 2017 Saint-Laurent mon amour, une fresque sur le fleuve, où il est largement question du Nord.
  • Liudmila ZAMORSHCHIKOVA (maître de conférences, Université fédérale du Nord-Est, République de Sakha, Russie)
    « Yakoutsk, la ville la plus froide du monde »
    • La présente communication est consacrée à l’étude des images de Yakoutsk, capitale de la République de Sakha (Yakoutie, Russie), nommée ville la plus froide du monde, dans les reportages des journalistes occidentaux. Pour eux, « [i]ci tout est en glace, brouillard et ombres furtives. La ville est noyée toute la journée dans un blanc cotonneux de brumes froides, Dans ce décor surréaliste n’émergent ici ou là que d’épaisses et sombres silhouettes d’humanité emmitouflées et quelques fantômes lointains » (Steeve Iuncker-Gomez, « De retour de Yakoutsk », 14 février 2013). Ou encore : « Sur la place de la Victoire…  des enfants se lancent des boules de neige. Au-dessous de -45°C, par sécurité, les écoliers sont dispensés de cours. Ils en profitent pour jouer dehors » (Sylvain Tesson, Le Figaro, 26 février 2011).
    • Liudmila Zamorshchikova est docteure en lettres et maître de conférences au département de philologie française de l’Université fédérale du Nord-Est à Yakoutsk, et vice-directrice pour la recherche à l’Institut des langues étrangères et des études régionales de cette même université. Elle a terminé l’Université d’Etat de Saint-Pétersbourg et a soutenu une thèse sur le français du Moyen Âge. Elle est l’auteure de plus de soixante articles scientifiques, y compris le dictionnaire des associations libres (cas de la langue yakoute).
  • Marie-Michèle OUELLET-BERNIER (doctorante, Université du Québec à Montréal)
    « Représentations de l’hiver et du climat dans les discours de la côte du Labrador »
    • L’hiver est une figure déterminante dans les représentations du Labrador et des lieux nordiques. Les discours du Labrador permettent d’appréhender le territoire comme une construction culturelle. L’hiver, comme phénomène socio-climatique, se définit au Labrador par un système de signes : le froid, la neige, la glace et les phénomènes lumineux qui interfèrent sur le mode de vie humain, les traditions et la culture. Ils sont rendus visibles dans la pratique et l’expérience du territoire, découlant elles-mêmes de la vulnérabilité et de la capacité d’adaptation des individus. Le corpus est formé de discours pluriculturels et hétérogènes : les récits de vie, de voyage ou de missionnaires s’ajoutent à la littérature de fiction. Les discours sélectionnés se limitent aux discours hivernaux, à la région de l’actuel Nunatsiavut et à la période antérieure à 1950.
    • Après avoir complétée une maîtrise en sciences de la Terre, Marie-Michèle Ouellet-Bernier entreprend un doctorat en sciences de l’environnement à l’UQAM en optant pour une approche multidisciplinaire alliant sciences et études littéraires. Marie-Michèle est récipiendaire d’une bourse doctorale du CRSH. Elle est aussi la coordonnatrice du Portail sur la recherche nordique et arctique de l’UQAM.
  • Patrick EVANS (professeur et directeur du Centre de design, Université du Québec à Montréal)
    « Design et environnements nordiques »
    • Alors que nous pensons souvent aux conditions nordiques comme extrêmes, atypiques et hors normes, les projets que je développe avec mes étudiants à l’École de design de l’UQAM proposent de réaligner notre perception afin de placer le Nord et les conditions nordiques au centre de notre réflexion et d’élaborer un processus de design intégré et transversal inspiré par les réalités et les cultures nordiques.
    • Patrick Evans est architecte (MOAQ), directeur du Centre de Design de l’UQAM, et professeur à l’École de design de l’UQAM, où il enseigne dans le programme de design de l’environnement. Ses recherches portent sur l’architecture et les infrastructures urbaines dans les climats nordiques. Il est cofondateur du collectif MEDIUM (www.wherever.com), un groupe de design, d’architecture et de construction.
  • Pascale WEBER (artiste, duo Hantu, professeure invitée, Université de Montréal)
    « Performances dans les territoires du Nord : imaginaire d’un corps en partance »à
    • Je souhaite présenter le projet que je conduis depuis plusieurs années et qui concerne les Nords, leur imaginaire et les questionnements qu’ils ont suscités dans le travail que je développe au sein de Hantu (www.hantu.fr), motivant des voyages de Plymouth d’où partirent les premiers migrants vers l’Amérique à la Basse Côte Nord du Québec, au Nunavik, au Sápmi… Œuvrant dans le domaine de l’art vivant, je parlerai en particulier de l’imaginaire de la transhumance (des rennes et des saumons) et des déplacements sur les territoires de chasse du Nord permettant, par des actions performatives, de revisiter ou de construire des mythes de réconciliation du corps et de ses fantômes avec le vivant et la matière.
    • Pascale Weber est essayiste, plasticienne et performer au sein du duo Hantu. Elle s’intéresse à la mémoire préindividuelle et collective, au corps comme microenvironnement et construit des mythes de réconciliation de ce corps, ses fantômes avec le vivant et la matière. Elle est l’auteure de L’Attachement (Al Dante), Mémoires et Identités (l’Harmattan) et du roman Les corps flottants (les Mots Ouverts). Elle est aussi maître de conférences (HDR) à l’université Paris 1, où elle enseigne les relations entre présence et représentation, professeure invitée au département Littérature et Langues du Monde à l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire d’étude de la France contemporaine du Cérium.

15h00 IMAGINAIRES SCANDINAVES

Président de séance : Margot Ricard

  • Christel DURAND (fondatrice et programmatrice du Festival immersif de kultur et d’art scandinave, Montréal)
    « Festival immersif de kultur et d’art scandinave — FIKA(S) »
    • FIKA(S) souhaite être un pont entre les cultures québécoises et scandinaves, c’est pourquoi il est important pour nous de mettre en lumière, dans notre programmation, des artistes et/ou organismes montréalais qui se passionnent pour la culture scandinave et qui sont, pour certains, de véritables experts dans leur domaine. Malgré une très prometteuse première édition en 2016, le festival FIKA(S) doit encore relever des défis qui lui permettront de s’inscrire définitivement dans le paysage évènementiel montréalais, que l’on sait déjà très riche en propositions artistiques. Ainsi, pour se distinguer des nombreux festivals existants, nous avons développé plusieurs critères de programmation qui définissent les critères aidant la direction artistique du festival à proposer sa programmation. Ce sont ces critères qui seront exposés dans le cadre de la Table ronde.
    • FIKA(S) est le premier festival à Montréal et au Québec dédié à la culture et à l’art de vivre des pays nordiques européens (Danemark, Finlande, Norvège, Suède, Islande). Rendez-vous annuel multidisciplinaire, FIKA(S) réunit son public autour de l’art de vivre scandinave au travers de la musique, du cinéma, de la littérature, de la gastronomie, et de conférences économiques et écologiques.
  • Yannick LEGAULT (étudiant à la maîtrise, Université du Québec à Montréal)
    « Les stratégies de positionnement auctorial dans les romans autobiographiques de Knut Hamsun »
    • Dans le cadre de ma maîtrise en études littéraires, mon mémoire a comme objet de recherche les romans autobiographiques — selon la conception générique de Philippe Gasparini — de Knut Hamsun, auteur norvégien récipiendaire du prix Nobel de littérature en 1920. Il s’agit de Faim (1890) et des trois tomes de ladite « Trilogie du vagabond » : Sous l’étoile d’automne (1906), Un vagabond joue en sourdine (1909) et La dernière joie (1912). Mon analyse de ces œuvres hybrides repose sur l’hypothèse selon laquelle, au courant de sa carrière, Hamsun aurait utilisé le genre du roman autobiographique exclusivement lors des moments qui exigeaient qu’il définisse (ou redéfinisse) sa place au sein du champ littéraire. Ainsi, un survol de mes pistes de recherche montrera que la stratégie générique de Hamsun lui aura permis de se faire tour à tour le représentant d’une littérature moderne et, à l’autre opposé du spectre, le défenseur de la tradition paysanne.
    • Après avoir complété un baccalauréat en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal en 2013, Yannick Legault a entrepris une maîtrise en études littéraires, sous la direction de Daniel Chartier, à la même université. Il est membre-étudiant du CRILCQ et assistant de recherche au Laboratoire international d’étude multidisciplinaire comparée des représentations du Nord. 
  • Danielle RAYMOND (doctorante, Université du Québec à Montréal)
    « Noise in the Nordic Archives / Bruits d’archives nordiques »
    • Cette présentation vise à mettre en valeur les paysages nordiques et la neige comme matières et espaces de création. Je montrerai de courts extraits d’une œuvre vidéographique créée lors d’une résidence de recherche‑création en 2016, accueillie par le Digital Kultur de l’Université de Bergen, en Norvège. Noise in the Nordic Archives / Bruits d’archives nordiques a été créée à partir d’un système inédit de projection. J’ai choisi des photographies en noir et blanc typiques de Bergen et prises au cours des XIXe et XXe siècles. Les photographies sont tirées de la base de données Marcus, qui abrite des souvenirs collectifs du patrimoine culturel norvégien. Je tenterai de démontrer comment, à l’intérieur d’une pratique artistique, on peut inscrire des archives photographiques norvégiennes dans un contexte d’art actuel dans le but d’en faire une œuvre esthétique et fictionnelle.
    • Danielle Raymond est doctorante en études et pratiques des arts en recherche-création à l’Université du Québec à Montréal. Elle explore la vidéo, l’art sonore et l’écriture, et s’intéresse aux notions d’archives. Sa pratique artistique consiste à réactiver des images d’archives en des projections in situ et dans des lieux choisis pour leurs qualités matérielles à révéler l’image ancienne. Elle crée aussi des ambiances sonores à partir de sons prélevés de la nature ou provenant d’objets usuels. En 2016, elle a reçu la Bourse de mobilité européenne Érasmus+ suite au concours lancé dans le cadre de la coopération entre l’Université de Bergen, la Chaire de recherche sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique et le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises de l’Université du Québec à Montréal.
  • Sarah YAHYAOUI (doctorante, CUNY The Graduate Center)
    « Les pays scandinaves dans l’imaginaire québécois contemporain »
    • Mon projet doctoral se base sur un constat, celui d’une présence de plus en plus marquée de la Scandinavie dans le paysage culturel québécois. De la création d’une collection « Fictions du Nord » aux éditions la Peuplade, en passant par le Cycle scandinave du théâtre de l’Opsis et le festival de culture scandinave FIKA(S), il semble que la culture québécoise s’éveille à sa contrepartie scandinave par l’entremise d’une nordicité commune. Afin de saisir au mieux ce phénomène culturel large, je me propose de faire une analyse du discours social à la suite de Marc Angenot et de voir comment se présente la Scandinavie dans la doxa québécoise. Le corpus envisagé est celui d’une décennie, soit de 2010 à 2020, en privilégiant les publications papier.
    • Sarah Yahyaoui en est à la première année de son doctorat au Graduate Center de CUNY, où elle travaille sur les représentations de la Scandinavie au Québec et sur l’identité québécoise à l’international. Elle a réalisé un mémoire de maîtrise en littérature et langue françaises à l’Université McGill sur Le centre blanc de Nicole Brossard, dont elle fait une lecture féministe. Elle est membre fondatrice du Clit Club, un collectif féministe.
  • Marie MOSSÉ (doctorante, Université de Lorraine et Université du Québec à Montréal)
    « L’invention de l’Islande dans les récits de voyage au XIXe siècle : existe-t-il un “voyage d’Islande” »
    • Ma thèse de doctorat se fonde sur un vaste corpus de récits de voyage issus des domaines britannique, américain, allemand, français, danois, suédois et norvégien, qui se déploie entre l’avènement du voyage littéraire romantique et la Première Guerre mondiale. Elle entend répondre à un double objectif : d’une part, contribuer aux études menées sur la poétique du récit de voyage et témoigner de son appartenance au champ littéraire; d’autre part, définir les procédés discursifs du voyage littéraire en Islande par l’étude des motifs et des stéréotypes qui le parcourent, ainsi que son héritage culturel par la mise en évidence d’un réseau intertextuel (mentions, citations, pastiches, parodies) et étudier les raisons de son essor au dix-neuvième siècle. Je postule une conjonction fructueuse entre deux éléments concomitants : l’entrée en littérature du récit de voyage et son déport vers « les brumes du Nord », nouveau matériau littéraire.
    • Marie Mossé est doctorante contractuelle chargée d’enseignement à l’Université de Lorraine (Nancy, France) inscrite en deuxième année de thèse de littérature comparée. Elle travaille au sein du laboratoire LIS et du CRILCQ, dans le cadre d’une cotutelle internationale de thèse avec l’UQAM. Ses travaux, qui portent sur les récits des voyageurs européens et américains en Islande au XIXe siècle, sont co-dirigés par les professeurs Alain Guyot et Daniel Chartier.

16h00  HABITER, EXPLORER ET VISITER 

Président de séance : Daniel Chartier

  • Antonina SAVVINOVA (professeure associée, Université fédérale du Nord-Est, République de Sakha, Russie) et Viktoriia V. FILIPPOVA (Branche sibérienne de l’Académie des sciences de Russie, République de Sakha)
    « Noms de lieux : justification de l’emplacement du pôle du froid de l’hémisphère nord en utilisant la méthode cartographique »
    • Deux districts de la République de Sakha (Yacoutie, Russie), Oymyakon et Verkhoyansk, se disputent le droit d’être appelé le pôle du froid de l’hémisphère nord, se positionnant en tant que centres touristiques associés au froid. La singularité des paysages et les conditions climatiques extrêmes de la région se reflètent dans les noms des lieux, créant des toponymes qui découlent d’une sémantique du froid. La présence de ces toponymes associés au froid (leur quantité, leur fréquence, leur langue d’origine) peut servir à justifier l’emplacement du pôle du froid. Les noms de lieux liés au concept du froid, lesquels incluent termes géographiques contenant les mots « glace » et « neige », ainsi que d’autres mots dénotant des phénomènes et processus naturels dont l’origine est associée au froid ont été étudiés. L’analyse des toponymes des deux districts qui revendiquent le titre de pôle du froid à l’aide de la méthode géographique montre que le district d’Oymyakon se caractérise par un air plus froid et par des conditions climatiques plus extrêmes. Selon l’étude, cette région peut être considérée comme le pôle du froid de l’hémisphère nord.
    • Antonina Savvinova détient un doctorat en géographie et travaille comme professeure associée au département de géographie de l’Institut des sciences environnementales de l’Université fédérale du Nord-Est, en République de Sakha (Yacoutie, Russie), où elle est à la tête du laboratoire des systèmes cartographiques électroniques. Elle est l’auteure de plus de cent publications; ses intérêts de recherche sont les systèmes d’information géographique (GIS), les peuples autochtones du Nord et le développement durable.
    • Viktoriia V. Filippova détient un doctorat en histoire et est chercheuse senior au département de recherches arctiques de l’Institut de recherches en sciences humaines et en études autochtones nordiques de la branche sibérienne de l’Académie des sciences de Russie, en Répbulique de Sakha (Yacoutie). Elle est l’auteure de plus de cent publications; ses champs d’intérêts sont la géographie historique, les systèmes d’information géographique (GIS), les changements climatiques et la démographie des peuples autochtones.
  • Mathilde DE LAAGE DE MEUX (doctorante, Université de Montréal)
    « Faire du Nord : le paysage de l’exploitation des ressources minérales au Québec »
    • En 1924, l’économiste politique Harold A. Innis débute son périple ethnographique enquêtant sur les modes d’exploitation, de production et d’exportation des ressources naturelles dans les espaces nordiques canadiens (Innis, 1930). À partir du développement de la pelleterie au XVIe siècle, il tisse les liens de la staple economy (Innis, 1950), à savoir la concordance entre les processus de mutations techniques liés au développement du marché des ressources naturelles et les phénomènes de territorialisation. La mise à jour de ce mouvement de l’écoumène vers le Nord travaille une distension du front pionnier tel qu’il se développe en Amérique du Nord au XIXe siècle. Sous l’appellation de front nordique, cette communication propose de caractériser l’expérience de la mutation de ces espaces nordiques du Québec en fringe of settlement (Bowman, 1931). Elle s’appuiera sur l’expression Faire du nord consacrée par les mineurs québécois au XIXe siècle évoquant leur temps de travail dans le Nord (Ponte, Kowal, 2017). Il s’agit de faire émerger les tonalités de ce front nordique faisant l’expérience des ressources minérales, également ancrées dans le paysage industriel occidental.
    • Archéologue de formation, Mathilde de Laage est actuellement doctorante à la Faculté d’Aménagement de  l’Université de Montréal. Depuis son Master, elle a complété son parcours par l’étude du paysage afin de déterminer une thématique de recherche sur l’émergence et la caractérisation des paysages de frontière. Sa problématique de recherche actuelle porte sur le Nord du Québec et l’exploitation/exportation des ressources naturelles comme mode d’articulation de fronts nordiques.
  • Bianca ROBERT (étudiante à la maîtrise, Université du Québec à Montréal)
    « Rénover et repenser les logements sociaux existants au Nunavik »
    • Les populations inuites du Nunavik ont vécu une profonde mutation de leur espace domestique, causée par une sédentarisation forcée. Le manque de sensibilité au contexte culturel et géographique de l’architecture des logements construits dans le Nord par le gouvernement entraîne des problèmes d’adaptation au sein des familles inuites. La façon dont l’espace domestique de la maison est formalisé influence les relations interpersonnelles et le comportement des gens qui y vivent. Cette réflexion sur l’importance d’un milieu de vie adapté à la culture et au milieu dans lequel il s’insère est au cœur de cette recherche et est génératrice d’un processus de design qui tente d’intégrer les rapports socioculturels de la population inuite par l’entremise de la construction. En effet, l’objectif de cette recherche est d’étudier le lien entre l’espace construit du logement et les familles inuites, et son impact sur le mode de vie contemporain des Inuits du Nunavik.
    • Bianca Robert est présentement en deuxième année de la maîtrise en design de l’environnement de l’Université du Québec à Montréal, où elle a complété un baccalauréat en design en 2015. Elle a participé, dans le cadre d’un cours à la maîtrise, au Arctic Design Week 2016, qui a eu lieu à Rovaniemi, en Finlande, puis à Montréal. Elle a aussi entrepris un voyage d’étude à Salluit, au Nunavik, pour son projet de mémoire.
  • Jan BORM (professeur, Université de Versailles—Saint-Quentin-en-Yvelines, France)
    « Le projet POLARIS : regards croisés sur le développement touristique en Sibérie, Laponie et Patagonie/Terre de feu »
    • Le projet POLARIS (FP7-PEOPLE-IRSES-2012 Action Marie Curie – Système International d’Échange de Personnel de Recherche, 2013-17) entreprend une étude comparative de deux régions différentes : la Sibérie (Russie) et la Patagonie (Argentine). Ces deux régions ont une série de points en commun quant à leur héritage naturel et culturel et sont destinées à vivre le même changement suite à la mondialisation et au réchauffement climatique. La protection et la promotion des cultures, des territoires et des héritages renforcent le processus de développement socio-économique pour les communautés locales. De grands espaces naturels dans des régions arctiques et sub-antarctiques attirent l’attention spécifique de la communauté internationale (l’Organisation des Nations unies et l’Union européenne) en raison du réchauffement climatique actuel et des impacts du climat sur les cultures et les territoires. Ces régions à écosystèmes fragiles peuvent être rapidement endommagées par un tourisme de masse ou par une mauvaise stratégie mise en œuvre par des institutions publiques ou des sociétés privées. POLARIS a comme but principal l’étude de ces régions extrêmes et la formation des professionnels travaillant dans des administrations publiques et des étudiants de l’enseignement supérieur qui auront, à la fin de leurs études, des diplômes postdoctoraux en lien avec le tourisme, la géographie, l’héritage naturel, la politique et des profils socio-économiques. Des actions durables à long terme seront mises en œuvre sur le plan international, comme un Observatoire de tourisme international, des réseaux nationaux et régionaux et une plate-forme @Learning pour diffuser des données collectées, des enquêtes et du matériel pédagogique.
    • Jan Borm est professeur de littérature britannique et vice-président délégué chargé des relations internationales à l’Université de Versailles—Saint-Quentin-en-Yvlines (UVSQ). Fondateur et directeur du centre de recherches CEARC (Climats, Environnement, Arctique, Représentations, Cultures) de 2009 à 2015, il co-dirige le Master 2 international « Arctic Studies » à l’UVSQ. Spécialiste de l’écriture du voyage, il a publié de nombreux travaux sur le récit de voyage et la représentation du Grand Nord. Il est PI (Principal Investigator) du projet POLARIS et responsable scientifique à l’UVSQ  du projet H2020 EDU-ARCTIC (2016-19) et du projet Erasmus+ ERIS (2016-18), dédiés à la promotion des sciences auprès des élèves du secondaire par le biais des études arctiques.
  • Caoimhe Isha BEAULÉ (candidate à la maîtrise, Université de Montréal)
    « Le concept d’Arctic Design : une opportunité de développement durable et viable pour les régions circumnordiques »
    • Le concept d’Arctic Design, créé en 2012, prend actuellement de l’ampleur en Finlande, notamment par son intégration dans le plan de développement arctique du gouvernement finlandais [Finlande, 2013] de même que dans ses stratégies nationales de design [Finlande, 2013]. Ce concept tente d’entamer des discussions sur le rôle du design dans le contexte de l’Arctique et veut inclure les spécificités de ces régions dans le processus de design, pour le développement de produits, de services et d’environnements durables et viables afin de refléter les différentes réalités du Nord : climat extrême, territoire immense, faible densité de population, écosystèmes fragiles, cohabitation d’autochtones et d’allochtones, etc. Cependant, ce concept est-il transférable aux régions nordiques situées à l’extérieur de la zone circumpolaire, comme le Québec ? Si oui, comment et à quelles conditions ? Les résultats de la recherche pourraient favoriser, à court et à moyen terme, l’élaboration de stratégies ou de plans d’action, le développement industriel et commercial en s’inspirant du modèle finlandais d’Arctic Design, ainsi qu’établir l’état actuel des recherches sur la relation entre le design et la nordicité.
    • Caoimhe Isha Beaulé est une designer canado-irlandaise de Montréal. Elle cumule un baccalauréat en Design et une mineure en durabilité de l’Université Concordia et poursuit actuellement ses études supérieures dans le programme « Design et complexité » à l’Université de Montréal. Grandement influencée par son enfance dans le Grand Nord canadien ainsi que par ses études à l’Université de Laponie, en Finlande, elle se questionne principalement sur le rôle du design en contexte nordique. Ce sont des approches collaboratives et multidisciplinaires ancrées dans des principes de développement durable qui motivent ses projets. Elle est aussi l’instigatrice et l’une des organisatrices de l’évènement Nordicité2016 qui a eu lieu à Montréal en mars 2016.

17 h 00 OUVERTURE DE LA SEMAINE DE L’OBSERVATOIRE ARCTIQUE ET ANTARCTIQUE

5 PM OPENING OF THE ARCTIC AND ANTARCTIC OBSERVATORY WEEK

  • Catherine MOUNIER (vice-rectrice à la recherche et à la création, Université du Québec à Montréal)
  • Enrique DEL ACEBO IBÁÑEZ (professeur, Universidad del Salvador, Argentine)
  • Daniel CHARTIER (titulaire de la Chaire de recherche sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique, Université du Québec à Montréal) 

17 h 20 LANCEMENT DU LIVRE DISPOSSESSED DE CAROL BRICE-BENNETT

5 : 20 PM LAUNCHING OF DISPOSSESSED BY CAROL BRICE-BENNETT

  • Carol BRICE-BENNETT (ancienne directrice régionale des programmes de santé et de recherche autochtones, Labrador-Grenfell Health Authority)
    Dispossessed : The Eviction of Inuit from Hebron, Labrador, Montréal, Imaginaire | Nord, coll. « Isberg », 2017.

Responsables de l’organisation

Nay Theam (theam.eang-nay@courrier.uqam.ca)
Yannick Legault (legault.yannick@courrier.uqam.ca)
Marc-Antoine Théorêt (theoret.marc-antoine@courrier.uqam.ca)
Annvor Seim Vestrheim (annvorsvesthreim@gmail.com)

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Icône de calendrier
lundi 27 février 2017, 09:00 - 16:00
Icône de lieu
Pavillon Président-Kennedy (Université du Québec à Montréal)