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Publication de Répondre - du secret : Séminaire (1991-1992) de Jacques Derrida

L’ouvrage Répondre – du secret : Séminaire (1991-1992) de Jacques Derrida, texte établi par Ginette Michaud (cochercheuse CRILCQ, Université de Montréal) et Nicholas Cotton (Cégep Édouard-Montpetit), paraît dans la collection « Bibliothèque Derrida » des Éditions du Seuil.

L’ouvrage est désormais disponible en librairie.

Résumé

«Le secret, dit-on, c’est ce qui ne se dit pas » : c’est sur cette phrase que s’ouvre le séminaire Répondre – du secret, le tout premier de la série « Questions de responsabilité » que Jacques Derrida donnera à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de 1991 à 2003. Ce cycle de recherches portant sur les enjeux actuels du concept de responsabilité (philosophique, littéraire, éthique, juridique, psychanalytique, politique) privilégie d’entrée de jeu le thème du secret puis celui du témoignage, qui sera déployé de 1992 à 1995.

Qu’est-ce qu’un secret et comment se lie-t-il à un appel à la responsabilité ? Pour répondre à ces questions, Jacques Derrida examine d’abord la sémantique du secret à travers divers registres (scientifique, technique, social, politique et religieux), où le secret trouble l’opposition entre le privé et le public. Suivant la généalogie du cryptique ou de l’hermétique dans différentes familles de langues (grecque, latine, allemande), il explore l’histoire et les valeurs culturelles qui lui sont associées (secret d’État ou militaire, secret professionnel, société secrète), analyse la thématique et les « effets » de secret dans certaines œuvre littéraires (notamment celles de Melville, de Baudelaire, de James et de Poe), puis élabore une problématique de la « curiosité » et du « souci » à partir de textes de Freud et de Heidegger.

Explorant trois « logiques » entrelacées du secret (le cogito cartésiano-kantien, le sujet de l’inconscient freudien, l’être-caché de la dissimulation heideggérienne comme vérité), Jacques Derrida s’engage ensuite dans une lecture approfondie du secret abrahamique dans les Essais hérétiques… de Patočka et Crainte et Tremblement de Kierkegaard, où se découvre la figure par excellence du secret comme mort donnée. Il poursuit également le « dialogue fictif », amorcé en 1975-1976 dans son séminaire La Vie la mort, entre Freud et Heidegger au sujet du concept de l’Unheimlichkeit, tout en interrogeant les effets de la pulsion secrétariale à l’œuvre dans son propre enseignement.

Source : Site du Seuil