Actualités

Dossier des Cahiers Victor-Lévy Beaulieu, « Cartographie des lieux dans l’œuvre de Victor-Lévy Beaulieu »

Depuis l’arrière-pays des Trois-Pistoles, où la Vraie Saga des Beauchemin prend racine, jusqu’aux confins de l’Afrique noire parcourue par Abel dans Bibi, en passant par les terres riches en mythologie de l’Irlande de Joyce, ou par la grisaille et la misère de « Morial-Mort », la géographie beaulieusienne couvre un large territoire. Pour en dresser la cartographie, il faudrait recenser tous les espaces, aussi bien physiques que symboliques, qui composent ce paysage romanesque et y dessinent plusieurs formes de traversées : pensons au pèlerinage d’Abel dans Docteur Ferron ; à l’errance de Satan Belhumeur dans Mémoires d’outre-tonneau ; à la fuite de Judith et de son amant Julien sous le soleil de Miami ; au voyage de Blanche et de Job J en Mattavinie ; aux pérégrinations américaines d’Abel en compagnie de Melville. Refuge où l’écrivain s’isole pour écrire, sur la table de pommier dans la vaste maison des Trois-Pistoles, ou encore terré dans son bungalow de Terrebonne, le lieu met en scène l’écriture ainsi que toutes les facettes du littéraire et de ses institutions (librairies, maisons d’édition, bibliothèques, archives). Étouffant, aliénant, le lieu est aussi intimement lié à l’enfance et à l’adolescence du narrateur, aux premières années à Saint-Jean-de-Dieu, au lit d’hôpital où le séquestre la polyiomélite et où se produit parallèlement son éveil à la littérature. Si l’objet livre permet ainsi d’ouvrir des espaces et des mondes, l’œuvre entière de Beaulieu, de par son volume imposant, peut se concevoir elle-même comme un itinéraire aux ramifications nombreuses. Au-delà de son impressionnante cohérence, l’univers beaulieusien distribue une multitude de carrefours, de croisées et de frontières qui deviennent parfois des lieux de conflit : le rêve du pays mythique se heurte sans cesse, par exemple, à la réalité du « pays-pas-encore-pays » ; de la même façon, l’espace littéraire, celui, grandiose, des monstres sacrés qu’idolâtre VLB, et l’espace national, décevant et toujours en attente de son grand écrivain, s’entrechoquent constamment. Enfin, si la question du lieu dans l’œuvre de Victor-Lévy Beaulieu déplie une grande variété de problématiques, elle semble répondre à la volonté même de l’écrivain d’élargir les horizons de son œuvre en embrassant d’autres héritages, au désir de lui donner une portée globale tout en l’ancrant dans l’espace concret du territoire québécois.

Modalités

Les collaborateurs sont donc invités à réfléchir à la question du lieu et de l’espace dans l’œuvre de Victor-Lévy Beaulieu. Nous vous invitons à faire parvenir une proposition d’article d’une longueur moyenne d’une page, accompagnée d’une notice biobibliographique, au plus tard le 1er juin 2015 à l’adresse suivante : myriam.vien@mail.mcgill.ca.
Les articles du dossier devront pour leur part être envoyés le 15 octobre 2015.