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Colloque interdisciplinaire « Théâtre. Liberté. Scandale. Que peut le transgressif pour les arts de la scène ? »

18 et 19 mars 2016
Usine C
Colloque organisé par la professeure Ève Lamoureux, du Département d’histoire de l’art, Julie Paquette (B.A. science politique, 2004), chargée de cours au Département de science politique, et Emmanuelle Sirois, doctorante en études et pratiques des arts sous la direction du professeur Yves Jubinville, de l’École supérieure de théâtre, CRILCQ à l’UQAM).
Inscription obligatoire.

Programme

Vendredi 18 mars

  • 9h30 Présentation de la problématique
    Ève Lamoureux, Julie Paquette et Emmanuelle Sirois
    « Que peut le scandale ? », « Quelle liberté défendre ? »

10H – 11H00 Panel 1 (étude de cas) : « Censure populaire, censure institutionnelle ? »

  • Caroline Jacquet (Montréal)
    « Quand le scandale masque la transgression : le cas de la pièce Les fées ont soif »
  • Stéphanie-Kim Tougas (Ottawa)
    « Le corps double de Bertrand Cantat sur les planches du TNM : Autopsie d’un
    événement mort-né »

11h-11h30 pause café

11h30-13h Panel 2 (étude de cas) : « Au bord du politique, au bord de la scène »

  • Marilou Craft (Montréal)
    « Notre théâtre blanc »
  • Marie-Ève Blais (Montréal)
    « Le scandale, dans la fiction, a t-il toujours une force subversive ? : Regard sur le SCUM Manifesto de Valérie Solanas »
  • Dinaïg Stall (Montréal)
    « Le scandale est politique : tensions entre discours sur l’art et critique militante, le cas d’Exhibit B »

Lunch

14H-15H TABLE-RONDE / ÉVÉNEMENT GRATUIT ET OUVERT À TOUS ET TOUTES : plus de détails à venir… (suspense, suspense…)

15H30-16H30 Panel 3 : « Sur les lieux du transgressif : perspectives critiques  ».

  • Dominic Marion (Montréal)
    « Le théâtre de la cruauté d’Antonin Artaud et la virtualité de la transgression »
  • Julie Paquette (Montréal)
    « Sade/Salò : de la transgression à la permanence de l’état d’exception »

17h – 19h Hall de l’Usine C – Lancement
« Quelque chose en moi choisit le coup de poing », Mathieu Leroux, La Mèche, collection L’Ouvroir précédé d’un entretien de Pierre-Luc Landry avec Mathieu Leroux : « Se performer, entre cruauté et liberté »
(détail de l’horaire du lancement : 17:00 à 17:20 : Accueil / 17:20 à 17:45 : Entretien / 17:45 à 19:00 : Lancement et séance de signature : un léger goûté sera servi)
20h  Quills de Doug Wright

samedi 19 MARS

9H30-11h30  Panel 4 (étude de cas) : « Discours/discorps »

  • Priscilla Guy (Lille/Montréal)
    « Le corps du scandale: Co(te)lette de la scène à l’écran »
  • Mélissa Simard (Québec)
    « Le corps qui trace, le corps qui souffre : sang, automutilation et transgression du pouvoir biopolitique dans les performances de Ron Athey et Regina José Galindo  »
  • Caroline Thiéblemont (Paris, France)
     « Le scandale cynique sur les scènes contemporaines : le scandale comme outil de statu quo »
  • Adeline Thulard (Lyon, France)
    « Interroger le scandale : analyse du dispositif de Golgota Picnic, Rodrigo García »

Pause

11h45 à 13h00 Panel 5 (étude de cas) : « Spectateur outragé, spectateur outrageant »

  • Anissa Layanne (Montréal)
    1966: Handke outrage le public à Francfort
  • Emmanuelle Sirois (Montréal)
    L’Outrage au public de Christian Lapointe
  • Isabelle Mondalian (Montréal)
    La figure du spectateur-hacker : « Projet Blanc au TNM »

Lunch

*** CONFÉRENCIER INVITÉ ***
14H00- 15H00 :  « Organiser le scandale ».

  •  Olivier Neveux (Lyon, France). « Le théâtre politique face au scandale du monde social ».

** Note : la pièce Quills est aussi présentée de 15h à 17h30 le samedi. Si vous n’avez pu assister à la représentation du Vendredi soir, vous pouvez assister à celle-ci.
** 16h : Pour ceux et celles qui ont déjà vu la pièce, une visite guidée du quartier sera offerte, départ de l’Usine à 16h.: De la Répression policière au tourisme rose : repenser le village gai. Par Bruno Laprade (Coalition montréalaise des groupes jeunesse LGBT).
** 18h00 : pot de la fin, lieu à déterminer.

description du projet de recherche

Qu’est-ce qu’un scandale et que révèle-t-il ? Comment se déploie-t-il dans l’espace public et comment agit-il rétrospectivement sur ce qui fait mémoire ? Comment s’articule-t-il au pôle censure – liberté d’expression? Un constat s’impose; les scandales artistiques et les actes à potentialités scandaleuses ne cessent de ressurgir sur le devant de la scène médiatique. Questionnant la limite entre le sensationnalisme et le spectaculaire, ces événements révèlent les limites normatives d’une société qui, malgré l’aura de permissivité dans laquelle elle se drape, repose sur un ordre institué. Plus que tout autre domaine, le milieu des arts, qui semble faire du transgressif un leitmotiv, pour ne pas dire un élément clé de la mise en marché des biens culturels, constitue un terrain de recherche prometteur pour penser la dyade liberté et scandale. Bien que de nombreux spécialistes se soient prononcés sur chacun des cas mentionnés, il semble clair qu’une rencontre doit avoir lieu afin qu’émerge une première synthèse d’envergure, articulant les récents événements à l’aune d’une rigoureuse perspective historique. Fort de l’intérêt public des cas qu’il propose de mettre scrupuleusement en relation, fort de la diversité des approches disciplinaires convoquées et de la qualité de la réputation des chercheurs et des artistes qui y participeront, ce premier colloque pourra donner lieu à un nouveau terrain de recherche scientifiquement pertinent et socialement nécessaire.
La rencontre ici proposée se veut le fruit d’une collaboration entre le milieu universitaire (Université du Québec à Montréal, CÉLAT) et le milieu privé et artistique (RDV_art_et _ politique et le Centre de création et de diffusion pluridisciplinaire Usine C). Il mobilise la participation de partenaires issus du milieu communautaire, notamment le groupe Atelier Radio et Le_Verbe théâtre, ainsi que le laboratoire de création du Groupe d’édition la courte échelle : La Mèche. Par ailleurs, cet événement s’inscrit en dialogue avec le thème par lequel l’Usine C a lancé sa  20e saison : « Vingt ans de liberté ». En conclusion de sa saison, l’Usine C propose une adaptation scé nique de « Quills » de Doug Wright / traduction Jean-Pierre Cloutier, qui met librement en scène les derniers moments de la vie du Marquis de Sade, interprété par Robert Lepage, à l’hospice de Charanton. Nous profiterons de la présence de Sade sur les planches montréalaises, et surtout, de ce que la représentation théâtrale suscitera de curiosité chez les publics ciblés, pour ouvrir une discussion autour des thèmes de recherches ci-devant formulés. L’événement se tiendra les 18 et 19 mars 2016 dans les locaux de l’Usine C.
Ce projet s’inscrit à l’intersection des travaux de recherche respectifs des trois co-chercheures. Ève Lamoureux, docteure en science politique et professeure en Histoire de l’art à l’UQAM, membre du CÉLAT (Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions), du GRMC (Groupe de recherche sur la médiation culturelle) et de la Chaire UQAM art, culture et mieux-être. Julie Paquette est docteure en science politique, chargée de cours à l’UQAM et auteure d’une thèse de doctorat sur la volonté de destitution des absolus dans les écrits du Marquis de Sade. Ses récentes recherches proposent une relecture de l’idée de la transgression comme alliée du pouv oir à partir des écrits de l’intellectuel italien Pier Paolo Pasolini. Finalement, Emmanuelle Sirois, doctorante en Études et pratiques des arts à l’UQAM sous la direction d’Yves Jubinville, membre du CRILCQ (Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoise) est chercheure invitée (Visiting Scholar) à The Graduate Center, CUNY, the Martin E. Segal Theatre Center, à New York. Elle détient un diplôme de cycle supérieur de l’Institut national de la recherche scientifique en mobilisation des connaissances et s’intéresse dans le cadre de ses recherches doctorales à la notion d’institutions théâtrales.