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Université du Québec à Montréal

Colloque étudiant « L'idée du lieu »

11 et 12 avril 2016
PK-1140, Université du Québec à Montréal
201, avenue du Président-Kennedy

Ce colloque est co-organisé par Émile Bordeleau-Pitre, Daniel Chartier, Marie Anne La Haye et Nay Theam.

Et si le lieu était d’abord et avant tout un réseau discursif, une accumulation de signes – un discours? C’est la question principale sur laquelle se penchent seize étudiants de l’Université du Québec à Montréal, à travers l’analyse d’autant de lieux. L’événement, ouvert au public, s’inscrit dans le cadre d’un séminaire donné par le professeur Daniel Chartier au trimestre d’hiver 2016.

Programme

Lundi 11 avril 2016

  • 9 h Mot de bienvenue / Introduction par Daniel Chartier

9 h 30 Lieux de surveillance, lieux de punition

Présidente de séance : Catherine Côté

  •  « S-21 ; de Tuol Svay Prey à Tuol Sleng, l’empoisonnement de la Colline des manguiers sauvages, de l’horreur à la remémoration »
    Eang-Nay Theam
  • « Centre de surveillance de l’immigration à Laval ; un lieu isolé qui par les médias existe de façon polémique et sporadique »
    Raoule Nadeau   
  • « Apprendre l’insurrection à l’école : le lycée Clemenceau de Nantes »
    Émile Bordeleau-Pitre 

 11 h 30 Dîner

13 h De sable, de neige et de roche

Président de séance : Augustin Charpentier

  • « Los Alamos : entre documentaire et imaginaire. Création et transformation d’un lieu mythique de l’Amérique »
    Laurence Perron 
  • « Nain, la vie dans un désert »
    Marie-Michèle Ouellet-Bernier 
  • « De l’aventure onirique à la conquête spatiale : les différentes faces de la Lune »
    Roxanne Côté 

15 h 05 Pause

15 h 20 Lieux de papier

Présidente de séance : Marie-Ève Fafard

  • « Macondo : du succès commercial au détournement critique »
    Roxane Maiorana  
  • « La brique et le roman. Étude naturaliste de la maison d’Émile Zola à Médan »
    Jordan Diaz-Brosseau

Mardi 12 avril 2016

9 h Lieux sous tension, lieux en danger

Présidente de séance : Marie-Michèle Ouellet-Bernier

  • « La place Émilie-Gamelin à la croisée des discours »
    Joseph Dorion 
  • « Le Red light de Montréal (1930-1955) : Entre l’inhibition et la clandestinité »
    Marie Anne La Haye  
  • « La rivière La Romaine (Unaman-shipu) : symbole d’un patrimoine naturel et culturel ou puissance économique ? »
    Myriam Saint-Gelais

11 h 30 Dîner

13 h Montréal, quartiers et emblèmes

Présidente de séance : Eang-Nay Theam

  •  « Le quartier Saint-Henri : d’industriel et "mal-aimé" à culturel et "branché" »
    Marion Gingras-Gagné 
  • « Griffintown : Autopsie d’un abandon et effort de relance »
    Catherine Côté  
  • « Au cœur de la fondation de Montréal, l’Hôtel-Dieu, après plus de 350 ans d’existence, délaissera-t-il sa vocation de soigner ? »
    Marie-Ève Fafard 

15 h 05 Pause

15 h 20 Parcs et attractions

Présidente de séance : Roxane Maionara 

  • « Chroniques des années 1942-1947 au parc Lafontaine. Parties de plaisir et jeux dangereux dans les allées et les recoins du jardin d’idylles du Plateau »
    Augustin Charpentier
  • « Créer Niagara Falls : discours touristiques, évaluation de l’expérience individuelle et cinéma hollywoodien pour penser le lieu »
    Charlotte Coutu 
  • 16 h 45 Mot de clôture

17 h 5 à 7 au Bénélux (245, rue Sherbrooke Ouest)

résumés des communications 

  •  « S-21 ; de Tuol Svay Prey à Tuol Sleng, l’empoisonnement de la Colline des manguiers sauvages, de l’horreur à la remémoration »
    Eang-Nay Theam

S-21 est l’appellation d’une ancienne prison de Phnom Penh, capitale du Cambodge. En fonction de 1975 à 1979, c’est avec le règne des Khmers rouges que cette ancienne école secondaire devient lieu de détention et de souffrance. À partir de 1980, en cherchant à rompre avec les atrocités commises, l’endroit est transformé en musée. Les changements observés quant aux différentes fonctions du lieu amènent à questionner les limites de l’horreur et la volonté de l’enclaver. Il faut se souvenir par les différents témoignages retrouvés dans les œuvres de Rithy Panh et de Vann Nath; ceux-ci tenteront de lever le voile sur la broyeuse d’hommes qu’a été la prison. Les différentes photographies retrouvées et les tableaux peints a posteriori vont permettre d’exposer le massacre et la reconstruction. Le discours documentaire de David Chandler va chercher à comprendre les divers mécanismes de cet endroit gardé secret au monde pendant quatre longues années.
Eang-Nay Theam est étudiante à la maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Son mémoire s’inscrit dans la lignée des travaux sur les écritures migrantes. Sous la direction de Daniel Chartier, elle souhaite s’interroger sur la reconstruction identitaire par la mémoire de l’autre dans Ru de Kim Thúy.

  • « Centre de surveillance de l’immigration à Laval ; un lieu isolé qui par les médias existe de façon polémique et sporadique »
    Raoule Nadeau  

Le centre de surveillance de l’immigration à Laval, à proximité de la grande ville de Montréal, n’apparaît pas dans les cartes. Si on connaît son existence, c’est par les quelques battages médiatiques suscités par les dénonciations des injustices qui y ont eu lieu. Sa dimension matérielle inaccessible et sa présence sporadique, mais intense dans le discours social marquent la singularité du centre de surveillance d’un point de vue imaginaire. Par l’analyse de la couverture médiatique du lieu, des métadonnées (in)disponibles sur les moteurs de recherche et de l’installation « Centre de prévention de l’immigration de Laval » de l’artiste Sheena Hoszko, nous établirons les limites et la portée de ce lieu qui, selon nous, favorisent la surveillance et la punition, tout en se distinguant des prisons par son encadrement légal réduit et l’absence d’un programme de rééducation.
Raoule Nadeau est étudiant à la maîtrise en création littéraire à l’Université du Québe à Montréal, sous la direction de Marc-André Brouillette. Né à Rimouski, il a déménagé à Montréal pour y compléter un baccalauréat en études littéraires. Son mémoire s’intéresse à la violence horizontale qui se joue au sein des groupes marginalisés.

  • « Apprendre l’insurrection à l’école : le lycée Clemenceau de Nantes »
    Émile Bordeleau-Pitre

Où fait-on ses classes pour devenir insurgé? Pour apprendre les rudiments de la résistance, le b.a.-ba de la révolte? Au lycée Clemenceau de Nantes! C’est du moins ce que semble cristalliser une part non négligeable des discours entourant cet établissement scolaire fondé en 1808. Plus ancien lycée de la Loire-Atlantique, son rôle dans l’histoire de la ville, de même que dans celle de l’enseignement en France, est considérable. Aux croisées de la discipline, de la transmission et de la révolte, de quelle manière s’est formée l’idée singulière du lycée Clemenceau? Des livres d’histoire s’intéressant aux querelles entre élèves bonapartistes et royalistes aux articles de journaux consacrés à la journée de la jupe contre la « manif pour tous », en passant par les œuvres autobiographiques et autofictionnelles des écrivains Jules Vallès et Julien Gracq, exposition d’un lieu qui, par métonymie, a bien souvent lui-même fait figure d’enfant rebelle à discipliner.
Émile Bordeleau-Pitre est candidat au doctorat en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Rédacteur en chef de la revue Postures, il co-organise depuis 2012 les soirées Mots et images de la résistance. Il travaille présentement sur les liens entre ethnologie et littérature française avec Véronique Cnockaert.

  • « Los Alamos : entre documentaire et imaginaire. Création et transformation d’un lieu mythique de l’Amérique »
    Laurence Perron 

Los Alamos, site d’un laboratoire secret situé en plein désert du Nouveau-Mexique, fait son entrée dans la sphère discursive au moment où Fat Man et Little Boy, dont elle est le berceau, tombent sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945. Cet évènement historique charnière frappe les imaginaires et permet la révélation, par une couverture journalistique importante, d’un lieu qui jusque-là restait dérobé au public par la censure gouvernementale. Les romanciers et bédéistes qui en font leur sujet refaçonnent alors le lieu de manière scripturale et picturale : explorant ses possibilités fictionnelles, ils contribueront à faire de Los Alamos un terrain propice au surgissement des questions que posent l’usage militaire de la science et les enjeux éthiques que suscite l’utilisation de l’énergie atomique. En comparant les discours et en retraçant leur évolution dans le temps, l’un de nos objectifs est de démontrer comment Los Alamos devient, dans l’imaginaire, indissociable de ces questionnements moraux liés aux développements technologiques.
Laurence Perron est étudiante à la maîtrise en études littéraires sous la direction de Jean-François Chassay. Son mémoire porte sur la reprise romanesque de la figure de Fernando Pessoa dans les textes d’Antonio Tabucchi et de José Saramago. Elle participe aux recherches du projet Anticipation de l’ANR et a contribué au numéro 41 de Voix et Images.

  • « Nain, la vie dans un désert »
    Marie-Michèle Ouellet-Bernier 

56°32’N, 61°41’W, Nain nous apparaît dans sa matérialité. Esquissé sur les rives de la mer du Labrador, Nain est un lieu pluriel. Il est un lieu de vie, un Nuna. Sous l’angle du discours journalistique, je présenterai la façon dont la reconnaissance législative du territoire autonome inuit Nunatsiavut permet la réappropriation du lieu. Ensuite, en m’appuyant entre autres sur les textes de Benedict Anderson (1983) et de Rachel Bouvet (2008), je chercherai à démontrer de quelle façon la carte joue un rôle actif dans la construction de l’idée du lieu, un lieu considéré désertique ou vierge par les explorateurs occidentaux. Enfin, trois films documentaires produits par la société OkalaKatiget permettront de présenter de sombres blessures du passé de Nain. La fermeture et la délocalisation des habitants des villages de Hebron et d’Okak à Nain ont entraîné de profonds bouleversements dans la communauté.
Géographe de formation, Marie-Michèle s’est spécialisée en micropaléontologie marine des régions arctiques. Candidate au doctorat en sciences de l’environnement de l’Université du Québec à Montréal, sa thèse retrace les changements du climat sur la côte du Labrador à partir d’une analyse comparative des sources discursives et géoscientifiques.

  • « De l’aventure onirique à la conquête spatiale : les différentes faces de la Lune »
    Roxanne Côté

Unique satellite naturel de la Terre, la Lune intrigue et émerveille depuis de nombreux siècles. À partir de la Terre, il n’est possible d’en observer qu’une seule face, ce qui a pu contribuer à l’imprégner d’une aura de mystère dans les folklores et les traditions orales. Les discours portant sur Lune ont participé, à travers les différentes époques, à faire d’elle un lieu frontalier de l’aventure et du danger. Puis, en juillet 1969, elle devient le premier objet non terrestre exploré par l’Homme. La course à l’espace des années soixante a complexifié l’imaginaire de la Lune en y introduisant des questions de puissance politiques internationales. À travers les œuvres de Méliès, Bergerac et Hergé, ainsi que les discours ésotériques sur la magie lunaire et la couverture médiatique de la célèbre scène de l’alunissage, nous étudierons la construction de ce lieu fascinant, à la jonction de l’imaginaire et du matériel, qu’est la Lune. 
Roxanne Côté est étudiante à la maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Son mémoire, sous la direction de Bertrand Gervais, portera sur les représentations de la violence dans certains romans de Cormac McCarthy. Dans une approche pluridisciplinaire, elle aborde des formes artistiques diversifiées, comme l’adaptation cinématographique, la bande dessinée et les genres paralittéraires.

  • « Macondo : du succès commercial au détournement critique »
    Roxane Maiorana   

Depuis la sortie de Cent ans de solitude, Macondo, petit village imaginaire où vivent les protagonistes Buendia, a évolué dans les discours qui l’entourent. Notre communication consistera à démontrer que Macondo ne se construit comme lieu qu’au travers de couches discursives qui se superposent (Chartier, 2013). Trois discours dominants qui permettent de suivre les transformations de ce lieu seront analysés : le premier tiendra compte du roman Cent ans de solitude qui semble construire Macondo comme un personnage du texte; le deuxième regroupera le métadiscours que constituent  les différents blogues dans lesquels il est question de l’absence d’adaptation filmique du roman, permettant une réflexion sur l’irreprésentabilité visuelle du lieu du fait notamment de sa complexité structurale au sein même du récit initial; le troisième utilisera les entrevues données par les membres du mouvement littéraire McOndo, lesquels se positionnent contre l’hégémonie culturelle que les maisons d’édition ont instituée autour de Macondo.
Roxane Maiorana a commencé une maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal sous la direction de Carolina Ferrer. Elle travaille sur la littérature hispano-américaine, plus particulièrement sur des œuvres contemporaines. Cette année, elle a obtenu une bourse Joseph-Armand-Bombardier du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

  • « La brique et le roman. Étude naturaliste de la maison d’Émile Zola à Médan »
    Jordan Diaz-Brosseau

La maison de Médan, acquise par Émile Zola en 1878, est un lieu qui n’a cessé de se réécrire. Notre communication visera à démontrer la manière dont les discours sur le lieu en ont modifié l’usage, en suivant son évolution au sein de trois couches discursives dominantes. Les plans et les discours d’aménagements constitueront une voie d’accès nous permettant d’analyser le lieu sous le paradigme du chantier, puisque celui-ci s’agrandit progressivement au rythme des publications du romancier, et inversement l’inspire dans sa production. Notre seconde voie sera celle des amis de Zola, pour lesquels le lieu leur était toujours ouvert. Leurs discours, présents dans la préface du recueil des Soirées de Médan et dans leurs correspondances, témoignent tous du paradigme de l’hospitalité. Le discours touristique, après le décès de l’écrivain, a par la suite poussé cette logique plus loin en ouvrant littéralement le lieu à tous, l’instituant ainsi sous le paradigme du site touristique. 
Jordan Diaz-Brosseau a commencé une maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal sous la direction de Luc Bonenfant. Son champ de recherche tourne autour de l’œuvre en prose d’Alfred de Musset, ainsi que sur la littérature en France au XIXe siècle plus généralement.

  • « La place Émilie-Gamelin à la croisée des discours  »
    Joseph Dorion 

Ce projet vise à rendre compte de l’existence discursive de la place Émilie-Gamelin en analysant les discours journalistiques, artistiques, et promotionnels dont ce lieu a été l’objet depuis son aménagement au cœur du Quartier Latin de Montréal. En confrontant une sélection d’articles publiés dans les quotidiens La Presse et Le Devoir depuis 1995, je ferai d’abord ressortir les principaux enjeux qui ont modifié l’existence discursive de ce lieu depuis une vingtaine d’années. Mon corpus artistique sera composé des photographies de Boris Chukhovich parues dans l’essai de Simon Harel Méditations urbaines autour de la place Émilie-Gamelin, d’un échantillon des œuvres performatives produites par l’ATSA (Action Terroriste Socialement Acceptable), ainsi que des notes de terrain de Benoît Bordeleau, Julien Bourbeau et Laurence Sabour publiées par La Traversée. J’analyserai en derniers lieux le projet de réaménagement du parc par la société du Quartier des Spectacles à partir des descriptifs des installations éphémères disponibles sur le site du Quartier des spectacles.
Joseph Dorion est candidat à la maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Dans le cadre de son projet de mémoire, il travaillera sur la question de l’indétermination dans La course au mouton sauvage de Haruki Murakami dans une perspective sémiotique du processus de lecture.

  • « Le Red light de Montréal (1930-1955) : Entre l’inhibition et la clandestinité »
    Marie Anne La Haye  

Le quartier du Red Light de Montréal, aujourd’hui le Quartier des Spectacles, à un jour été le lieu de libertés et de corruptions en Amérique du Nord. Des années 1920 aux années 1940, alors que les Red Light des autres villes se ferment, celui de Montréal prend de l’ampleur entre les spectacles de musique jazz et les maisons closes (Lapointe, 2011). Mais en 1950, une enquête visant la corruption des policiers, l’enquête Caron, est déclenchée. Cela changera à jamais le quartier. Une destruction de celui-ci commence menant à plusieurs réaménagements du Red Light dans les années qui suivent. Ainsi, entre 1930 et 1955, le quartier se voit bouleversé entre son heure de gloire et le début de sa destruction. À travers l’analyse des œuvres de Michel Tremblay, du discours journalistique de l’époque et de l’enquête Caron, nous observerons comment le Red Light était caractérisé par l’inhibition, le spectacle et la clandestinité entre 1933 et 1955.
Marie Anne La Haye est une étudiante à la maîtrise en études littéraires. À la suite d’un baccalauréat en études littéraires à l’Université en Québec à Montréal, elle a commencé une maîtrise sous la direction de Daniel Chartier. Elle s’intéresse, pour sa recherche, aux représentations des lieux de l’hivernité dans la littérature québécoise depuis les années 1980 et à leurs rapports avec la mémoire.

  • « La rivière La Romaine (Unaman-shipu) : symbole d’un patrimoine naturel et culturel ou puissance économique ? »
    Myriam Saint-Gelais

La rivière La Romaine est d’abord et avant tout un lieu qui est défini par les Innus de la Côte-Nord, comme l’un des symboles de leur identité reliée au territoire et à la pratique de leur mode de vie traditionnel. Ces derniers sont liés à La Romaine d’une manière non seulement physique, mais également spirituelle, puisqu’ils la parcouraient afin de se nourrir, de se déplacer, de se rassembler et d’atteindre leur territoire de chasse. Ce sentiment d’appartenance ne se manifeste pas uniquement que chez les Innus, mais également chez les amoureux de la nature qui voient cette rivière comme l’un des symboles forts de la beauté du paysage nordique encore vierge du Québec. C’est depuis le projet d’y construire un barrage hydroélectrique que les discours sur La Romaine pullulent, puisqu’elle est devenue dans l’imaginaire collectif soit un symbole d’une lutte pour la défense du mode de vie traditionnel des Innus et de la sauvegarde des milieux naturels, soit le symbole du développement d’une puissance économique.
Myriam St-Gelais est une étudiante à la maîtrise en études littéraires profil recherche. Elle a complété ses études de premier cycle à l’Université de Montréal en philosophie et littératures de langue française. Elle s’intéresse maintenant aux littératures autochtones et travaille à son projet de recherche sur l’émergence de la littérature innue, avec Daniel Chartier.

  •  « Le quartier Saint-Henri : d’industriel et "mal-aimé" à culturel et "branché" »
    Marion Gingras-Gagné 

Autrefois une ville, puis un quartier industriel prospère, Saint-Henri souffre de la crise économique de 1929 et tombe en déclin. C’est dans ces années que se cristallise la représentation de Saint-Henri comme quartier ouvrier, notamment avec Bonheur d’occasion, publié en 1945, vision qui demeure malgré tout bien fortement prégnante dans l’imaginaire montréalais. Cependant, depuis les années 2000, l’image du quartier change. Soutenu par une transformation de sa population, d’une effervescence et d’un bouillonnement culturel, Saint-Henri devient le quartier « branché », gourmand et culturel à découvrir, rempli d’un « charme fou » que plusieurs voient comme le « prochain Plateau ». Au cœur de représentations divergentes, Saint-Henri se construit par différents discours, que ce soit ceux de la littérature, du documentaire audiovisuel ou de l’actualité culturelle récente. Les voix issues de ces médiums participent à la complexité du lieu tout en ayant la volonté d’en montrer la diversité des frontières. 
Marion Gingras-Gagné est étudiante à la maîtrise en études littéraires à l’UQÀM. Son mémoire, sous la direction de Véronique Cnockaert, portera sur les adaptations contemporaines de Cendrillon. Ses intérêts englobent la littérature jeunesse, les contes et leur détournement ainsi que la question du genre et de ses représentations.

  • « Griffintown : Autopsie d’un abandon et effort de relance »
    Catherine Côté  

Situé au sud de la ville de Montréal, le quartier Griffintown a marqué l’imaginaire montréalais par son parcours atypique. Berceau de l’industrialisation à Montréal, Griffintown est devenu un quartier quasi-fantôme durant la dernière moitié du siècle passé, seulement pour mieux renaître de ses cendres au tournant des années 2000 grâce à un intérêt nouveau des promoteurs immobiliers. Depuis les quarante dernières années, une poignée d’œuvres artistiques ont été consacrées à ce quartier, tant pour témoigner de son délabrement que pour faire acte de mémoire quant à son passé. Qu’est-ce que ces différentes couches discursives, toutes relativement contemporaines, pourraient nous apprendre sur l’identité que Griffintown revêt en 2016 ? À travers les œuvres de Marie-Hélène Poitras, Michel Régnier et Nadine Gomez, explorons l’identité d’un fascinant bourg montréalais, à travers son passé de pauvreté ouvrière et de désertion, ainsi que son présent (et possible futur) de relance immobilière. 
Catherine Côté est écrivaine et étudiante au doctorat en études littéraires. Elle a publié des poèmes dans diverses revues littéraires, et vu quelques-unes de ses créations adaptées sur scène. Passionnée de paysage, elle écrit sur la forêt de ses ancêtres et la banlieue de son enfance. Son premier recueil, Outardes, sera publié en 2017.

  • « Au cœur de la fondation de Montréal, l’Hôtel-Dieu, après plus de 350 ans d’existence, délaissera-t-il sa vocation de soigner ? »
    Marie-Ève Fafard 

Avant même que Chomedey ne mette les pieds sur l’Isle de Montréal en 1642, l’Hôtel-Dieu existait déjà par le discours. L’hôpital est au fondement même de ce qu’on appelait la folle entreprise, celle des Montréalistes venus en Nouvelle-France établir une communauté missionnaire pour les Amérindiens. Dans le discours de fondation, l’Hôtel-Dieu se présente comme un lieu d’Amérique tel que l’entend Pierre Nepveu; utopique et précaire, immense et exigu, orgueilleux et humble. En 1996, alors que l’Hôtel-Dieu fusionne avec Notre-Dame et Saint-Luc pour fonder le CHUM, un changement important se produit pour le lieu. La fermeture du site, annoncée pour 2017 par la direction, anime un débat de société quant à la vocation et au sort du bâtiment existant. Ce coeur qui bat, documentaire de Philippe Lesage, ainsi que le témoignage du personnel soignant, permet d’observer comment s’est transmise à travers les siècles cette passion de soigner et d’aider la communauté.
Diplômée de l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV) en Lettres Modernes, Marie-Ève Fafard complète présentement une maîtrise au Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal. Ses travaux de recherches portent sur le travail de la langue dans la littérature québécoise contemporaine, notamment dans les œuvres du romancier Hervé Bouchard.

  • « Chroniques des années 1942-1947 au parc Lafontaine. Parties de plaisir et jeux dangereux dans les allées et les recoins du jardin d’idylles du Plateau »
    Augustin Charpentier 

Dans les années 1940, les fiancés se promènent autour des lacs et sur le pont romantique du parc Lafontaine, y rencontrant les familles du Plateau-Mont-Royal qui prennent du bon temps dans ce beau carré d’herbe au panorama bucolique où la ville semble venir s’évader. Espace de liberté, c’est également au parc que se retrouvent les enfants du quartier que leurs parents ont envoyés seuls comme au jardin pour la journée, sous l’œil du gardien, protégés dans l’enceinte du terrain de jeux grillagé. Cependant, hors des sentiers battus, derrière les arbres, dans les bois, les plus grands partent à l’aventure de leurs premières fois. Car Lafontaine s’offre aux plus curieux comme le lieu tous les dangers; de drôles d’adultes rôdent dans l’ombre des bosquets, attendant la nuit tombée pour s’adonner à des plaisirs coupables et/ou tarifés, alimentant ainsi les fantasmes et les faits divers de ce petit coin du Montréal populaire.
Augustin Charpentier est étudiant à la maîtrise en études littéraires (profil Création) et prépare son mémoire sous la direction de Rachel Bouvet. Il a obtenu en 2008 un baccalauréat en philosophie et travaille depuis 2010 comme journaliste culturel. Ses champs de recherches sont la géopoétique, la pensée-paysage et le processus d’ensauvagement. 

  • « Créer Niagara Falls : discours touristiques, évaluation de l’expérience individuelle et cinéma hollywoodien pour penser le lieu »
    Charlotte Coutu  

Caractéristiques d’un certain imaginaire national, les chutes du Niagara comptent parmi un ensemble de figures emblématiques qui participent à la représentation du Canada à l’étranger. Haut lieu touristique, les chutes, souvent associées au kitsch, sont l’objet de discours à visée publicitaire qui tendent à uniformiser son image. La puissance naturelle des chutes, la vision pittoresque qu’elles offrent, ainsi que l’aura romantique qui en émane créent un imaginaire en réitérant ces trois concepts dans les discours publicitaires. Les réponses favorables des touristes à cette « idée » des chutes du Niagara, sur des plateformes populaires telles que TripAdvisor, nous portent à croire qu’il est difficile de sortir de cette vision unificatrice et, probablement, réductrice de ce lieu. Ainsi, l’analyse d’une des œuvres de fiction ayant le plus contribué à la renommée des chutes, le film noir Niagara, trouble l’image figée des chutes par la métaphorisation des relations entre l’être humain et une nature toute puissante. 
Charlotte Coutu a complété son baccalauréat en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal et poursuit actuellement le même programme à la maîtrise. Elle est également détentrice d’un certificat en immigration et relations interethniques de l’UQAM. Son projet de mémoire, sous la direction de Daniel Chartier, portera sur le silence et le bruit dans les nouvelles de l’écrivaine finlandaise Rosa Liksom.

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Icône de calendrier
lundi 11 avril 2016, 09:00 au vendredi 01 avril 2016, 17:00
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Salle PK-1140 de l'Université du Québec à Montréal