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Appel : Journée d’étude Jeunes chercheurs « Le récit et ses figures dans le roman francophone contemporain »

Originaires de différentes situations géographiques et sociopolitiques, les littératures francophones peuvent être considérées sous le signe de leur hétérogénéité, alors qu’elles se regroupent aussi en une communauté imaginaire, espace symbolique par lequel elles se déploient. Selon Bertrand Gervais, l’imaginaire est le lieu qui se conçoit « non pas comme un répertoire, un ensemble d’unités culturelles disponibles pour une communauté donnée, mais comme une interface […] par laquelle un sujet a accès aux éléments de la culture et se les approprie. Il est une médiation dont le travail transparaît dans des figures1. » Dans plusieurs romans francophones contemporains, le récit, entendu comme le produit d’une schématisation narrative2, travaille en effet la représentation et la reconfiguration du monde à travers des jeux de figuration. Chez bon nombre d’auteurs (Patrick Chamoiseau, Maryse Condé, Ken Bugul, Élise Turcotte, Dany Laferrière, Naomi Fontaine, Boubacar Boris Diop, France Daigle, Alain Mabanckou, Assia Djebar, Alain Farah, Tahar Djaout, Ahmadou Kourouma, Michel Tremblay, Véronique Tadjo, Tahar Ben Jelloun, pour ne nommer que quelques exemples), le récit lui-même apparaît sous la forme abstraite et malléable d’une figure, insérée dans un réseau d’autres figures de récits qui le mettent en perspective. Lors d’une journée d’étude réunissant des jeunes chercheurs en littératures de langue française, nous souhaitons explorer les enjeux narratifs, esthétiques et/ou discursifs qui découlent des figurations de divers types de récit (écrit, oral, non-verbal, intime, historique, mythique, artistique) et des multiples modalités d’énonciation (intertexte, citation, autoreprésentation, portrait, mise en abyme) qui les rendent lisibles en tant que figures dans les romans francophones contemporains.
Cette journée d’étude fera place à une dizaine de contributions, dont le but n’est pas d’inventorier les différentes figures du récit dans les romans francophones contemporains, mais d’évaluer et de problématiser les enjeux se dégageant des figurations du récit dans l’espace romanesque. Ce faisant, les communications prendront appui sur des œuvres concrètes, que cette question permettrait d’éclairer. Nous encourageons les propositions reflétant la variété des espaces des littératures francophones (africain, maghrébin, belge, suisse, antillais, québécois, amérindien, canadien, océanien et autres) et privilégiant la production littéraire des vingt-cinq dernières années. Différentes pistes de réflexion sont à envisager de manière non exclusive. Quels sont les différents lieux communs par lesquels nous appréhendons une figure comme représentante d’un récit? Qu’est-ce que ces lieux communs disent des conceptions du récit que partagent les acteurs du champ littéraire francophone? Qu’en est-il des traits caractéristiques du récit associés à un espace culturel plus précis ou à la poétique singulière d’un écrivain? La convocation de divers objets et médias artistiques au sein de la diégèse (photographie, dessin, sculpture, peinture) ouvre-t-elle la voie à une pratique narrative renouvelée? Quel discours le roman tient-il à propos du récit à travers ses figurations? Existe-t-il des dispositions (savoirs encyclopédiques, attitudes de réception, paradigmes personnels issus d’expériences sensibles, émotives ou intellectuelles) singulières à l’espace francophone et qui permettraient de saisir et de traiter le récit comme une figure dans le roman?
Cette journée d’étude s’adresse aux jeunes chercheurs du domaine des littératures francophones. Elle se tiendra à Québec, le vendredi 20 novembre 2015. Les communications, présentées en français, devront couvrir quinze minutes maximum, auxquelles dix minutes de discussion seront ajoutées.
Veuillez envoyer votre proposition de communication (250 mots maximum, incluant le titre), accompagnée d’une notice biobibliographique (de 5 lignes tout au plus, précisant votre statut et votre institution universitaire, ainsi que vos contributions scientifiques), au plus tard le 22 juin 2015, à 23 h 59, à l’adresse suivante : recit.figures@gmail.com. Une réponse officielle vous sera acheminée au courant de l’été 2015, après l’évaluation anonyme effectuée par notre comité scientifique.
Veuillez également noter qu’aucun frais ne pourra être assumé pour couvrir les dépenses relatives à l’hébergement et au déplacement.

Responsables de l’événement

Karine Gendron Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (Université Laval)
Stéphanie Leclerc-Audet Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (Université de Montréal)
Andrée Mercier Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (Université Laval)
Christiane Ndiaye Professeure titulaire (littératures francophones de la Caraïbe, de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb) (Université de Montréal)
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[1] Bertrand Gervais, Figures, lectures. Logiques de l’imaginaire. Tome 1, Montréal, Le Quartanier (Erres Essais : 01), 2007, p. 35.

[2] Florence de Chalonge, « Récit (théorie du) », dans Paul Aron, Denis Saint-Jacques et Alain Viala, Dictionnaire du littéraire, Paris, Presses Universitaires de France, 2002, p. 226-227.