Le Grand Écran, sous la responsabilité de Frédérick Pelletier (cochercheur CRILCQ, UQAM), présente l’événement « Potemkine Attractions ». La projection de deux films, Le Cuirassé Potemkine (1925) et La dureté du mental (2025), sera suivie d’une discussion entre le cinéaste invité Charles-André Coderre et Viva Paci, professeure à l’UQAM et codirectrice du labdoc et du projet « Bobines ». L’événement aura lieu le 13 avril 2026, dès 18h, à l’UQAM, pavillon Judith-Jasmin, salle Jean-Claude-Lauzon (J-S 1430).
Description
Le Grand Écran présentera Le Cuirassé Potemkine de Serguei M. Eisenstein dans un format de projection aujourd’hui rare. Retrouvées dans les collections des bibliothèques de l’UQAM, les bobines du film font partie d’un corpus hétérogène de 336 films en pellicule 16mm. C’est dans le cadre du nouveau projet « Bobines », qui vise à préserver, étudier et diffuser cette collection, que cette séance s’introduit. La projection analogique sera accompagnée de la trame sonore contemporaine des Pet Shop Boys, créant un espace de tension fertile entre le passé et notre époque actuelle.
Le cinéaste Charles-André Coderre, et son dernier film La dureté du mental (2025), accompagneront également la projection-discussion. Adepte de la pellicule argentique et des projections en 16mm, il réalise des films et des performances audiovisuelles alliant expérimentation et matérialité. Fabriquée à partir de films de sports olympiques de l’Union soviétique, l’œuvre expose les possibilités expressives de l’archivage tout en l’actualisant. En 1925, Eisenstein affirmait une nouvelle manière de penser le cinéma : non pas comme un récit linéaire, mais comme une succession de chocs à la fois visuels, rythmiques, émotionnels. Le Cuirassé Potemkine a traversé l’histoire en tant qu’œuvre phare de sa théorie du montage. Plus généralement, et tout au long de son histoire plus que centenaire, le cinéma a conservé les attributs spectaculaires de ses origines car, au fond du dispositif cinématographique, existe quelque chose qui permet cette attraction par-delà toutes tendances du présent. Que signifie présenter une œuvre comme Le Cuirassé aujourd’hui? Dans ses textes, Eisenstein parlait du spectateur comme l’objet central de sa recherche. L’art doit agir sur lui telle une stimulation pour l’amener vers des réflexions plus profondes.
Après la projection, une médiation aura lieu avec la cinéaste, historienne de cinéma et professeure, Viva Paci, également codirectrice du labdoc et du projet « Bobines ». Cet échange visera à approfondir la notion d’attraction tout en l’ouvrant aux pratiques contemporaines d’archivages, d’intermédialités et de relectures du patrimoine cinématographique (Paul Tremblay-Tardif).
